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RDC : une Colombienne accueillie temporairement regagne son pays d’origine

Kinshasa, 2 juin 2025 – Une ressortissante colombienne a quitté la République démocratique du Congo (RDC) ce lundi 1er juin pour regagner son pays d’origine, marquant une nouvelle étape dans le dispositif temporaire d’accueil de migrants mis en place par le gouvernement congolais. Ce départ, confirmé par des sources officielles, illustre le caractère transitoire d’un programme qui suscite autant d’espoirs que de controverses.

Selon l’Agence congolaise de presse (ACP) qui cite des sources gouvernementales, cette femme faisait partie des ressortissants de pays tiers ayant transité par les États-Unis et acceptés temporairement sur le sol congolais. Le gouvernement de la RDC rappelle que, dès le lancement de cette initiative en avril dernier, il avait clairement indiqué qu’il ne s’agissait ni d’un programme d’installation durable ni d’un dispositif de relocalisation permanente, mais d’une solution d’accueil provisoire dans l’attente de retours volontaires.

« Le retour de cette ressortissante colombienne s’inscrit dans la poursuite de la mise en œuvre du mécanisme annoncé en avril, et plusieurs autres personnes accueillies dans ce cadre poursuivent actuellement leurs démarches administratives pour un retour volontaire vers leurs pays respectifs », précisent les mêmes sources. Ces procédures sont menées en coordination avec les partenaires concernés, dans le strict respect des mécanismes établis pour accompagner chaque situation individuelle.

Ce départ intervient quelques semaines après celui d’un premier citoyen colombien qui avait également regagné son pays à l’issue de son séjour temporaire. La récurrence de ces retours montre que le dispositif, bien que complexe, fonctionne selon la logique annoncée par les autorités. Pour le gouvernement congolais, il s’agit d’une illustration concrète de la nature transitoire d’une initiative qui ne vise qu’à offrir une parenthèse humanitaire avant un retour au pays d’origine.

Pourtant, ce dossier reste marqué par des zones d’ombre et des contentieux juridiques. Le 13 mai dernier, le quotidien américain New York Times révélait qu’un juge fédéral des États-Unis avait ordonné le rapatriement d’Adriana Zapata, une Colombienne de 55 ans, expulsée « illégalement » vers la RDC malgré le refus officiel de ce pays de l’accueillir. Selon le journal, un tribunal américain avait déjà statué en 2025 que cette femme risquait la torture en cas de retour en Colombie. Le nom de la ressortissante ayant quitté la RDC ce lundi n’a pas été divulgué, ce qui ne permet pas d’établir s’il s’agit de Mme Zapata. Mais la coïncidence des calendriers interroge.

Des sources proches du dossier indiquent que plusieurs États ont exprimé leur disponibilité à accueillir ou à faciliter le retour de certains de leurs ressortissants concernés par ce programme. Toutefois, elles insistent sur le fait que ces retours reposent exclusivement sur une démarche volontaire des personnes concernées, dans le respect des procédures administratives en vigueur et des impératifs de sécurité. « Il n’y a aucune déportation forcée : chaque personne décide librement de son avenir, en étant accompagnée », souligne une source anonyme proche des négociations.

Les autorités congolaises poursuivent la coordination avec les institutions nationales compétentes ainsi qu’avec les différents partenaires impliqués afin d’assurer le suivi des dossiers encore en cours. Pour le gouvernement, l’enjeu est double : démontrer que la RDC respecte ses engagements internationaux tout en évitant de devenir une destination de transit forcé. La gestion de ce programme s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où les flux migratoires mondiaux confrontent les pays à des choix cornéliens entre solidarité et souveraineté.

Ce rapatriement de la Colombienne survient dans un climat de questionnements sur l’avenir du dispositif. Si les retours volontaires se confirment, ils pourraient apaiser les critiques de ceux qui redoutaient une instrumentalisation de la RDC comme une « salle d’attente » pour les migrants rejetés par l’Amérique. Mais le cas Zapata rappelle que derrière chaque dossier se cachent des histoires personnelles souvent dramatiques, avec des droits humains en toile de fond.

En attendant, les prochaines semaines seront déterminantes pour les dossiers toujours ouverts. « Les retours déjà enregistrés et ceux envisagés prochainement s’inscrivent dans la logique de solutions durables et volontaires pour les personnes concernées », a conclu une source gouvernementale. Une façon de réaffirmer que la RDC, malgré ses propres défis, entend jouer un rôle d’État responsable sur l’échiquier migratoire mondial.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: radiookapi.net

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