Le samedi 30 mai 2026, le prestigieux Musée du Quai Branly – Jacques Chirac vibrera au son de la rumba congolaise. Dix ans après la mort tragique de Papa Wemba, sur scène en plein concert, un hommage exceptionnel lui sera rendu, porté par la voix chaude et fidèle de Reddy Amisi. Confirmant sa présence sur France 24, l’artiste a promis une soirée chargée d’émotion, à la hauteur de l’immense héritage du « Roi de la rumba ».
Reddy Amisi, qui a partagé vingt ans de vie artistique avec Papa Wemba au sein de Viva La Musica, se souvient d’un homme rigoureux, perfectionniste, toujours en quête d’excellence. « C’était un grand bosseur, il voulait amener sa musique plus loin », confie-t-il. Ensemble, ils ont sillonné le monde, de Tokyo à New York, imposant la rumba sur les scènes internationales aux côtés d’artistes comme Peter Gabriel. Une fusion unique entre modernité et tradition, qui a conquis les cœurs bien au-delà des frontières africaines.
La soirée affiche déjà complet, malgré la concurrence de la finale de la Ligue des champions. Un symbole fort qui prouve, s’il en fallait, que la flamme de Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba ne s’est jamais éteinte. Sur scène, Reddy Amisi ne sera pas seul : Djuna Djanana, père de Gims, ainsi que Luciana et Lijo Kwempa, proches de l’univers Wemba, viendront grossir les rangs de cette célébration mémorielle. « Nous allons faire en sorte de rendre un hommage digne à ce grand homme », a assuré Bailo Canto.
L’héritage de Papa Wemba, c’est aussi la SAPE, cette élégance flamboyante qu’il a érigée en art de vivre. Reddy Amisi raconte comment son mentor lui a appris à soigner l’accoutrement autant que la mélodie. « Il nous a appris à bien nous habiller, à ne jamais oublier la chanson. » Une philosophie qui continue d’inspirer les jeunes générations, tout comme son flair pour dénicher les talents. C’est avec le titre mythique Petite Gina, dans les années 1980, que Reddy Amisi a été révélé au public, lorsque Papa Wemba lui a offert ses premiers solos vocaux. « Les gens ont commencé à me découvrir à partir de là », se souvient-il, reconnaissant envers celui qui croyait profondément à la jeunesse.
Pourquoi cette traversée des générations ? Parce que Papa Wemba avait compris, avant beaucoup, comment universaliser la musique congolaise sans la trahir. Il mélangeait les instruments modernes aux rythmes traditionnels, créant une rumba métissée qui fait danser le monde entier. Une alchimie qui a valu à la rumba congolaise d’être inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2021. Ce concert au Quai Branly, écrin des arts et civilisations, est ainsi l’écrin parfait pour un hommage à la fois intime et universel.
Installé en France depuis plus de trente ans, Reddy Amisi sait que Paris occupe une place à part dans l’histoire de Papa Wemba. La ville lumière, où le chanteur a tissé des liens forts avec le monde culturel français, devient le temps d’une soirée la capitale de la rumba. Le 30 mai, au cœur du musée, les souvenirs vont ressurgir, les voix s’élever, et le public communier autour des chansons éternelles de celui qui restera à jamais le roi.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Eventsrdc
