Le ciel est tombé sur les têtes des supporters de l’AS Simba de Kolwezi. Vendredi 29 mai, au terme d’un match sans relief face au CS Don Bosco (0-0), Daoula Lupembe a lâché une bombe en conférence de presse : « Ça peut être, à la rigueur, mon dernier match avec Simba. » Une déclaration qui a instantanément enflammé les réseaux sociaux et plongé le club des Kamikazes dans l’incertitude la plus totale.
Comment en est-on arrivé là ? L’homme qui a porté l’AS Simba sur les sommets du football congolais semble aujourd’hui prêt à tourner la page. Arrivé dans l’anonymat il y a trois saisons, Daoula Lupembe a métamorphosé ce club de la capitale mondiale du cobalt en une machine redoutable. Sous sa houlette, les Rouges et Blancs ont décroché leur première Coupe du Congo, un trophée gravé à jamais dans l’histoire du club. Mais surtout, il a réussi l’exploit de qualifier l’équipe pour la Coupe de la Confédération de la CAF, une première sur la scène continentale. Un parcours qui force le respect.
Pourtant, cette saison, le conte de fées s’est érodé. Malgré une qualification arrachée aux play-offs de la Linafoot, le championnat d’élite, l’équipe a soufflé le chaud et le froid. Oui, les Kamikazes ont affiché une révolte éclatante en balayant Maniema Union (4-1) et en tenant tête au FC Saint-Éloi Lupopo. Mais ces éclairs de génie n’ont pas suffi à masquer les fissures. En coulisses, le projet sportif s’étiole, les promesses tardent à se concrétiser. Alors, quand Daoula Lupembe déclare qu’il doit « prendre langue avec les dirigeants », l’avenir prend soudain des allures de nuages sombres au-dessus du stade de Kolwezi.
Faut-il y voir la fin d’un cycle ? Tout porte à le croire. Les histoires durables sont si rares dans le football congolais, où les techniciens dansent sur un volcan permanent. Mais celle de Daoula Lupembe à l’AS Simba avait tout d’une exception : une progression linéaire, un palmarès étoffé, une connexion unique avec les supporters. L’homme aux lunettes noires n’a pourtant jamais caché son ambition. Si les promesses d’un effectif renforcé pour rivaliser avec les ténors de la Linafoot ne sont pas tenues, le divorce semble inévitable. Et les supporters, suspendus à ses lèvres, retiennent leur souffle.
Les prochaines heures seront décisives. Aucune démission officielle n’a encore été annoncée, mais les signes d’une séparation prochaine se multiplient. L’AS Simba, qui a grandi sous son règne, pourrait bien perdre son architecte. Et Daoula Lupembe, lui, s’offrira-t-il un nouveau défi ailleurs en Afrique ? La réponse flotte dans l’air chaud de Kolwezi. Une chose est sûre : qu’il reste ou qu’il parte, l’empreinte de ce technicien hors pair restera comme une balafre glorieuse dans l’histoire du club. Les Kamikazes le savent : leur avenir, aujourd’hui, se joue autant dans les bureaux que sur la pelouse.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
