Un vent de terreur continue de souffler sur le territoire de Mambasa. En seulement trois semaines, les attaques attribuées aux rebelles des ADF ont plongé cette région de l’Ituri dans un bain de sang. L’Association pour la protection et la défense des enfants et des femmes (APDEF) a livré, ce vendredi 29 mai, un bilan effroyable : plus d’une centaine de morts, de nombreux disparus et des villages entiers réduits en cendres. Le cri d’alarme est lancé, alors que les déplacés se comptent désormais par milliers.
Des sources locales dressent le portrait d’une zone livrée à une violence aveugle. Les groupements de Bangole et de Babila Teturi, dans la chefferie de Babila Babombi, sont devenus les épicentres de ces incursions meurtrières. D’après l’APDEF, les assaillants n’épargnent rien : habitations incendiées, motos calcinées, biens pillés. Le mode opératoire rappelle la signature macabre des ADF, ces rebelles ougandais qui écument l’est de la RDC depuis des années.
L’hécatombe laisse derrière elle un paysage de désolation. Combien de familles pleurent aujourd’hui leurs proches ? Combien d’orphelins errent sans abri ? Des témoignages relayés par la société civile évoquent des dizaines de villages vidés de leurs habitants, des champs abandonnés, une vie brisée net. Si les chiffres avancés par l’APDEF n’ont pas pu être confirmés de manière indépendante par les autorités militaires ou locales, d’autres organisations de la société civile reconnaissent un lourd bilan humain et matériel, sans toutefois avancer de statistiques précises.
Face à cette tragédie, l’urgence humanitaire est absolue. Les déplacés de Mambasa manquent de tout : nourriture, eau potable, soins de santé. L’APDEF plaide pour une assistance d’urgence et appelle à un renforcement des opérations conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF) contre les ADF. Une réponse militaire robuste est réclamée, mais jusqu’ici, les cris des populations semblent se perdre dans l’immensité de la forêt équatoriale.
Pendant ce temps, le silence des responsables militaires interroge. Toutes les tentatives pour obtenir leur réaction sont restées vaines. Ce mutisme nourrit le sentiment d’abandon chez des civils qui ne comprennent pas pourquoi les attaques se succèdent sans répit. Mambasa devient-il le nouveau cimetière de l’indifférence ?
L’histoire récente de l’Ituri montre que sans pression internationale et engagement local, les massacres risquent de se répéter. Chaque jour sans action voit croître le nombre de déplacés, de veuves et d’orphelins. La communauté humanitaire est face à un défi immense, alors que les besoins dépassent souvent les promesses. Pour l’heure, les survivants attendent, terrés dans des camps de fortune, un signe d’espoir qui tarde à venir.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
