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Femmes casseuses de pierres à Mbuji-Mayi : survie à 10 000 FC

Dans la province du Kasaï-Oriental, à Mbuji-Mayi, un drame économique silencieux se joue chaque jour au bord de la rivière Lubilanji. Dès les premières lueurs, des centaines de femmes descendent dans le lit sablonneux, armées de marteaux, pour y concasser des pierres. Ces femmes casseuses pierres Mbuji-Mayi incarnent une précarité économique femmes Kasaï-Oriental qui ne cesse de s’aggraver. Leur labeur éreintant, qui consiste à transformer des blocs rocheux en graviers pour la construction, ne leur garantit qu’un revenu dérisoire : entre 5 000 et 10 000 francs congolais par jour. Une somme qui, dans l’inflation galopante que connaît la région, couvre à peine les besoins de base d’un ménage.

Le concassage pierres rivière Lubilanji est une activité de subsistance héritée d’une absence d’alternatives économiques. « Nous cassons les pierres pour nourrir nos familles, scolariser les enfants et payer le loyer. Il n’y a rien d’autre », confie l’une d’entre elles, le visage couvert de poussière. Ce travail informel, non reconnu et non protégé, soulève la question des revenus insuffisants ménages Mbuji-Mayi, un fléau qui touche des milliers de foyers. En effet, le panier de la ménagère a plus que doublé ces derniers mois, rendant chaque franc congolais précieux. Ainsi, même en travaillant six jours par semaine, ces femmes peinent à franchir le seuil de la pauvreté.

Mais le coût de cette survie est exorbitant sur le plan humain. Les dangers santé travail manuel femmes sont omniprésents. Jeanne Kabangu, une casseuse rencontrée sur le site, explique : « Nous devons chercher les pierres dans l’eau. Avec la montée des eaux, le risque de glisser est permanent. Parfois, on ne récolte que du sable. » Les témoignages recueillis par Radio Okapi ce mardi 19 mai brossent un tableau clinique alarmant. Nana Njiba, une autre travailleuse, énumère ses maux : douleurs lombaires chroniques, blessures aux mains et aux pieds, troubles respiratoires dus à la poussière, et une fatigue immense. Un tableau rappelant les effets d’un travail minier sans aucune sécurité.

Le parallèle avec le secteur minier industriel est frappant, mais ici, point de royalties ni de cotisations sociales. Ces femmes sont les maillons invisibles de la chaîne de production de graviers, un matériau indispensable aux chantiers de la ville. Pourtant, leur valeur ajoutée se paie en capital santé, un actif qui se déprécie à chaque coup de marteau. C’est toute une économie parallèle qui repose sur leur dos, une économie de l’ombre qui échappe aux radars des politiques publiques. Comment ignorer plus longtemps ce paradoxe : Mbuji-Mayi, ancienne capitale du diamant, voit ses filles se briser les os pour quelques graviers ?

Face à cette impasse, les casseuses ne sont pas restées les bras croisés. Elles ont initié une association pour défendre leurs droits et mutualiser leurs faibles ressources. « Aidez-nous à obtenir les documents légaux pour que notre association soit reconnue », plaide une porte-parole. Cette demande, légitime, révèle un besoin urgent de structuration. Une fois officialisée, la structure pourrait servir de levier pour négocier des prix planchers, attirer des aides ou mettre en place des mutuelles de santé. Un premier pas, certes modeste, vers une forme de résilience économique.

Mais l’enjeu dépasse la simple reconnaissance associative. Les autorités provinciales et nationales sont interpellées. Le Kasaï-Oriental, en pleine mutation, doit intégrer ces travailleuses de l’ombre dans ses plans de développement. Des alternatives pourraient émerger : formation à d’autres métiers, financement d’activités génératrices de revenus moins pénibles, ou à tout le moins, un encadrement sanitaire minimal. En attendant, le marteau continue de frapper, rythmant une survie que rien ne semble pouvoir interrompre.

La rivière Lubilanji coule, indifférente au sort de ces femmes qui lui arrachent ses pierres. Mais chaque gravier vendu est le fruit d’un sacrifice. Si l’État ne transforme pas ce calvaire en cause nationale, ce sont des générations entières qui continueront de s’affaisser sous le poids de la misère. Le temps presse, car la précarité économique, comme l’eau de la Lubilanji en saison des pluies, ne cesse de monter, menaçant d’engloutir les derniers espoirs de ces mères, épouses et travailleuses au courage inouï.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
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Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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