AccueilActualitéSantéEbola Bundibugyo : 5 mois sans vaccin, une injustice pour l'Afrique

Ebola Bundibugyo : 5 mois sans vaccin, une injustice pour l’Afrique

La dix-septième épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo prend un virage décisif. Pour la première fois, le pays fait face à la souche Bundibugyo, un variant du virus identifié il y a dix-huit ans mais contre lequel aucun vaccin n’a encore été homologué. Une annonce faite ce mardi 19 mai par le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a glacé l’opinion : il faudra patienter quatre à cinq mois avant qu’une arme préventive ne soit disponible. Un délai qui, dans le contexte d’une flambée épidémique, sonne comme une injustice aux oreilles des spécialistes africains.

Pourquoi une telle attente ? Imaginez une voiture dont le moteur serait connu depuis des années, mais pour laquelle personne n’aurait fabriqué la clé de contact. Le virus Ebola Bundibugyo est décrit depuis 2007, pourtant la recherche vaccinale n’a jamais franchi le stade des essais à grande échelle. Aujourd’hui, trois candidats vaccins sont en lice : Hervé Beaumère, développé en France, Shadox, mis au point au Royaume-Uni, et VSV-BD-BV, conçu au Texas. Tous prometteurs, mais encore soumis à un parcours réglementaire long de plusieurs mois avant une éventuelle autorisation d’utilisation. En clair, pour la population de l’est de la RDC, chaque jour compte, mais aucun vaccin Ebola RDC ne pourra être injecté avant l’automne.

« Si cette épidémie touchait l’Europe ou les États-Unis, des vaccins seraient déjà sur la table », a martelé le Dr Jean Kaseya. Cette déclaration n’est pas qu’une formule rhétorique : elle traduit ce que de nombreux experts appellent l’iniquité sanitaire mondiale. En situation d’urgence, les pays riches s’offrent un accès prioritaire aux innovations médicales, tandis que l’Afrique doit faire la queue. Serait-il acceptable que des vies congolaises pèsent moins lourd dans la balance des décisions pharmaceutiques ?

Face à ce constat, l’Union africaine a mandaté l’Africa CDC pour piloter un agenda continental de fabrication de vaccins et de médicaments. L’objectif ? Briser la dépendance chronique aux importations. À ce jour, seuls cinq pays au monde produisent des principes actifs pharmaceutiques, les fameux API, indispensables à tout médicament. La Chine truste plus de 90 % de cette production. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait que la RDC, via l’usine Pharmakina, est la seule industrie du continent à fabriquer des API, et ce uniquement pour la malaria. Construire une autonomie vaccinale africaine relève donc autant d’une nécessité médicale que d’une souveraineté politique.

Concrètement, que faire en attendant ces quatre à cinq mois ? Les mesures barrières restent notre meilleure protection : lavage des mains, limitation des contacts physiques, surveillance des symptômes. Avec un taux de létalité qui peut dépasser 50 % pour la souche Bundibugyo, la vigilance n’est pas une option. L’Africa CDC appelle également les pays africains à mutualiser leurs ressources pour accélérer les essais cliniques sur le continent. Après tout, pourquoi toujours attendre des solutions venues de l’étranger quand on peut, ensemble, allumer la lumière dans la chambre noire ? Pour la RDC, l’heure n’est plus seulement à la riposte, mais à la refonte d’un système qui ne laisse personne de côté.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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