La traque des groupes armés s’est intensifiée dans le territoire de Djugu, en Ituri. Les forces de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et les Forces armées de la RDC (FARDC) y mènent une opération conjointe baptisée « Nyundo ». Objectif affiché : dissuader les milices qui écument la région, restaurer un climat de sécurité et surtout protéger les populations civiles.
Depuis plusieurs jours, les patrouilles de longue portée se multiplient. Les Casques bleus et les soldats congolais quadrillent les zones sensibles, appuyés par des Bases opérationnelles mobiles déployées stratégiquement. Ces actions s’inscrivent dans une dynamique de domination de zone, visant à couper les voies de ravitaillement et de repli des groupes armés qui terrorisent les habitants de Djugu.
Le 11 mai 2026 a marqué une journée d’opérations coordonnées. Selon le lieutenant‑colonel Charles Idjiwa, porte‑parole militaire de la MONUSCO, plusieurs actions conjointes ont été menées ce jour‑là à Djugu. Leur but : renforcer la sécurité, dissuader toute velléité d’attaque et rassurer les communautés locales. À Komanda, le contingent indonésien de la MONUSCO a effectué des patrouilles en direction de Mayitatu et de l’école de Kimbaseke, dans le cadre du programme Safe Schools. Une manière de dire que l’éducation ne doit pas être prise en otage par l’insécurité. Les élèves et les enseignants ont ainsi pu évoluer dans un environnement apaisé, ne serait‑ce qu’un instant.
La protection des civils ne se limite pas aux opérations de ratissage. Quelques jours plus tôt, le 9 mai, les Casques bleus avaient sécurisé la messe dominicale à l’église catholique de Basili. Geste fort, symbolique, mais ô combien nécessaire. Dans une contrée où les offices religieux sont parfois la cible d’attaques, permettre aux fidèles de prier en paix constitue un signal envoyé aux groupes armés : la terreur ne dictera plus le quotidien des Ituriens.
Le 12 mai 2026, à Kasenyi, la découverte d’un engin non explosé a nécessité une intervention rapide. La MONUSCO, en coordination avec les autorités locales et les FARDC, a bouclé la zone. Les démineurs ont balisé les périmètres à risque et des séances de sensibilisation ont été organisées auprès des communautés. Car au‑delà des combats, ce sont aussi ces restes explosifs de guerre qui menacent silencieusement les vies. Une simple erreur, et c’est le drame. Alors, on explique, on prévient, on éduque.
Ces opérations, aussi diverses soient‑elles, convergent vers un même objectif : la traque des groupes armés en Ituri et la protection des civils. L’opération Nyundo n’est pas un simple acronyme ; elle incarne une volonté de reprendre le contrôle d’un territoire meurtri. La sécurité à Djugu passe par la présence constante des forces régulières et onusiennes. Elle passe aussi par la coopération avec les communautés, premières victimes et premières vigies.
Combien de familles vivent encore terrées, craignant les prochaines exactions ? Combien d’enfants ne se rendent à l’école qu’en tremblant ? La question n’est pas rhétorique. Elle hante les nuits des déplacés et des résidents de Djugu. L’opération Nyundo tente d’y apporter une réponse, aussi imparfaite soit‑elle. Mais la route est longue. Les groupes armés ont leurs habitudes, leurs cachettes, leurs complicités parfois. Les déloger nécessite du temps, du renseignement et une détermination sans faille.
La coordination MONUSCO‑FARDC constitue un levier essentiel. Les Casques bleus apportent leur expertise en matière de protection des civils, de déminage et de patrouilles mobiles. Les FARDC, pour leur part, connaissent le terrain et portent la légitimité de l’État. Cette complémentarité, si elle est bien huilée, peut faire la différence. Mais elle réclame une confiance mutuelle et des objectifs partagés, au‑delà des intérêts institutionnels.
À Djugu, l’opération Nyundo est un test grandeur nature. Les populations regardent, espèrent, doutent aussi. Les promesses de sécurité ont trop souvent été balayées par de nouveaux massacres. Pourtant, l’intensification des patrouilles et les actions ciblées constituent un signal positif. Le simple fait de voir des soldats et des Casques bleus arpenter les pistes de Mayitatu ou de Kasenyi redonne un semblant d’espoir.
Mais la sécurité ne se décrète pas ; elle se construit jour après jour. Les engins non explosés continueront de joncher les sous‑bois. Les miliciens tenteront de se fondre dans la population. C’est pourquoi la sensibilisation et la collaboration des habitants sont cruciales. Chaque information remontée, chaque zone sécurisée, chaque enfant scolarisé sans peur est une petite victoire contre l’insécurité.
En définitive, l’opération Nyundo n’est qu’un maillon d’une chaîne plus vaste. Elle s’inscrit dans la traque globale des groupes armés en Ituri, province meurtrie par des années de violences. MONUSCO et FARDC affirment leur volonté commune d’éradiquer ce fléau. À Djugu, les prochains jours diront si les efforts portent leurs fruits. Mais pour l’heure, les patrouilles continuent, sans relâche, et les civils retiennent leur souffle. L’espoir, comme la peur, reste suspendu aux lampions des opérations militaires.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
