Matadi, le 15 mai 2026. Dans la chaleur moite du Kongo Central, l’espoir avait ce jour-là le goût du café en salle d’attente. Un forum emploi Matadi a ouvert ses portes, pavant de bonnes intentions l’éternelle quête d’un premier salaire. La promesse était alléchante : faire découvrir aux jeunes les métiers hôtellerie Kongo Central, un secteur souvent perçu comme plan B, mais qui pourrait bien devenir le moteur de l’insertion professionnelle Kongo Central.
Au cœur de la ville portuaire, des dizaines de candidats au regard à la fois inquiet et déterminé ont défilé devant les stands. Parmi eux, Ruth Bake, 27 ans, médecin-dentiste de formation. Diplôme en poche depuis trois ans, elle enchaîne les stages dans une clinique locale sans jamais décrocher le Graal du CDI. « C’est vrai que je suis dentiste, mais je n’arrive pas à trouver d’emploi dans mon domaine de formation. Si, à travers une autre formation pratique, je peux accéder à un travail dans un autre secteur, je suis prête à le faire », confie-t-elle, tout sourire, mais visiblement tourmentée.
Ruth est bien plus qu’une anecdote. Elle incarne le visage de ce que les économistes appellent le chômage paradoxal : une offre de compétences déconnectée d’un marché du travail atone. En RDC, plus de 60 % des jeunes actifs n’ont pas d’occupation stable. L’emploi jeunes RDC est souvent un parcours du combattant où le diplôme universitaire ne garantit plus rien. Dès lors, la reconversion s’impose comme une bouée de sauvetage, quitte à abandonner le métier pour lequel on s’est battu.
Le forum emploi Matadi entend justement transformer ce naufrage en opportunité. Organisé par un collectif de professionnels de l’hospitalité, l’événement a mis l’accent sur la formation hôtellerie et ses débouchés connexes. « Ce que nous visons, c’est d’établir des partenariats avec les entreprises locales, afin de renforcer l’employabilité des jeunes. Il faut savoir que les entreprises veulent recruter, mais hésitent à engager des personnes qui pourraient leur coûter cher plus tard, faute d’expérience », explique Wani Narugeta, l’un des organisateurs.
L’argument n’est pas qu’économique, il est presque existentiel. Au Kongo Central, le secteur hôtelier reste un géant endormi. La province dispose d’atouts touristiques indéniables, des plages du Bas-Fleuve aux escales fluviales, mais peine à professionnaliser ses services. En misant sur l’expérience pratique plutôt que sur les parchemins, le programme permet de combler un double fossé : celui de l’inexpérience des jeunes et celui de la main-d’œuvre qualifiée qui manque cruellement aux établissements locaux.
Derrière la métaphore du pont entre formation et embauche, c’est toute une philosophie de l’insertion professionnelle Kongo Central qui se dessine. Le pari est audacieux : faire des métiers hôtellerie Kongo Central un véritable ascenseur social. Pour l’heure, l’initiative est encore une graine semée dans un sol économique souvent hostile, mais les organisateurs promettent de l’étendre prochainement à d’autres zones du territoire, portés par le bouche-à-oreille et l’enthousiasme des participants.
Ruth Bake, elle, a déjà rempli un formulaire. Si l’hôtellerie lui offre un salaire régulier, elle troquera sans regret la blouse blanche pour le tablier de service. Dans son histoire, certains verront un échec collectif ; d’autres, le prélude d’une résilience à grande échelle. Une chose est sûre : ce forum emploi Matadi aura été une caisse de résonance pour une question lancinante – que valent nos diplômes si l’emploi, lui, a choisi une autre filière ?
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
