AccueilActualitéSantéEbola en Ituri : après les démentis, 65 morts confirmés

Ebola en Ituri : après les démentis, 65 morts confirmés

L’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de la province de l’Ituri : la maladie à virus Ebola est de retour. Ce vendredi 15 mai, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a confirmé un foyer épidémique actif, avec 13 échantillons positifs sur 20 analysés par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa. Au total, 246 cas suspects et 65 décès sont déjà comptabilisés, dont 4 morts parmi les cas confirmés en laboratoire. La zone de santé de Mongwalu, en territoire de Djugu, apparaît comme l’épicentre de cette nouvelle flambée.

Pourtant, l’alerte sanitaire avait été lancée bien avant cette confirmation officielle. Le docteur Timothée Kossianza Bakamano, chercheur et représentant de Hospice Africa RDC, avait tiré la sonnette d’alarme face à une situation qu’il jugeait « inquiétante » dans la collectivité des Banyali Kilo. Une rumeur étrange, celle d’un cercueil mystérieusement détruit et remplacé par un autre, avait semé une psychose généralisée à Mongwalu. Les autorités locales, dans un premier temps, opposaient des démentis. Cette défiance initiale, malheureusement classique lors des épidémies, a peut-être coûté de précieuses heures dans la riposte.

Ebola : comment ce virus agit-il exactement et pourquoi fait-il si peur ? Imaginez un incendie qui se déclare dans une forêt. Chaque nouvelle personne infectée est comme un arbre qui prend feu, menaçant d’embraser toute la végétation alentour. Ebola provoque une fièvre hémorragique sévère. Les symptômes débutent souvent par une fièvre brutale, une fatigue intense, des douleurs musculaires, puis surviennent des vomissements, de la diarrhée, et parfois des saignements internes ou externes. La transmission se fait par contact direct avec le sang, les sécrétions ou les liquides biologiques d’une personne malade, ou avec des surfaces contaminées. Sans prise en charge précoce, le taux de mortalité peut dépasser 50 %. Mais attention, il ne se transmet pas par voie aérienne comme la grippe ; le danger est dans les contacts étroits, notamment lors des rites funéraires où l’on lave les corps.

Pourquoi l’Ituri est-elle si vulnérable ? La région de Mongwalu, zone minière, connaît des mouvements de population intenses. Les travailleurs circulent entre les sites d’orpaillage, et les déplacements transfrontaliers avec l’Ouganda et le Sud Soudan sont quotidiens. Ce brassage humain crée un terreau idéal pour la dissémination du virus. Le CDC Afrique l’a bien compris : une réunion de coordination urgente de haut niveau a été convoquée ce même jour avec la RDC, l’Ouganda, le Sud Soudan et des partenaires internationaux. Objectif : renforcer la surveillance transfrontalière et préparer une réponse commune. Des cas suspects ont d’ailleurs été signalés à Bunia, ce qui accroît la crainte d’une propagation vers les centres urbains.

Face à ce péril, quelles mesures adopter ? Les équipes du ministère de la Santé et de l’INRB sont à pied d’œuvre pour identifier les contacts, isoler les malades et sensibiliser les communautés. Mais chacun de nous a un rôle à jouer. Si vous résidez en Ituri ou dans une zone à risque, voici des gestes concrets qui peuvent sauver des vies : évitez tout contact avec des personnes présentant des symptômes suspects, ne touchez pas les dépouilles sans protection, lavez-vous les mains régulièrement au savon ou avec une solution hydroalcoolique, et alertez immédiatement le centre de santé le plus proche en cas de fièvre inexpliquée. N’oublions jamais que lors des épidémies précédentes en RDC, c’est la réactivité des communautés qui a permis de briser les chaînes de transmission.

Est-il encore temps de contenir cette flambée ? Oui, sans aucun doute, à condition d’agir sans déni et dans la transparence. Les survivants d’Ebola développent une immunité qui peut contribuer à la riposte, et les traitements se sont améliorés. Mais la bataille sera difficile si la méfiance persiste. L’histoire récente de la RDC avec Ebola a montré que la peur irrationnelle et les fausses rumeurs tuent parfois plus que le virus lui-même. La vigilance, la solidarité et le respect strict des consignes sanitaires seront nos meilleurs boucliers. L’alerte sanitaire en Ituri n’est pas une fatalité, c’est un appel à l’action pour tout le pays.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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