Le bras judiciaire s’est avancé sur la Mongala, mercredi 13 mai 2026. Réunie en séance plénière à Lisala, l’Assemblée provinciale a autorisé, par 16 voix contre 4, l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre du vice-gouverneur Cédric Ayaka Kuma. Ce vote, acquis sur les 20 élus que compte l’organe délibérant, fait suite à un réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation visant le numéro deux de l’exécutif provincial pour une dette privée de 20 000 dollars américains.
L’affaire, qui secoue l’actualité judiciaire en RDC, plonge ses racines dans un contentieux d’ordre privé. Selon les éléments portés à la connaissance des députés provinciaux, le vice-gouverneur de la Mongala aurait contracté cette somme auprès d’un proche. Devant la représentation provinciale, Cédric Ayaka Kuma a reconnu l’existence de ladite dette, mais n’a pas manqué de fustiger ce qu’il décrit comme un acharnement judiciaire orchestré à son encontre. Une reconnaissance qui ajoute une couche de complexité à ce dossier aux multiples rebondissements.
Les débats, tenus au cœur de la province, ont mis en lumière plusieurs irrégularités de procédure soulevées par la défense du vice-gouverneur. Ce dernier a notamment dénoncé un délai de convocation jugé trop court, entravant selon lui sa capacité à préparer sa défense. Il a également contesté l’origine du réquisitoire, qu’il estime douteuse, soulignant que l’affaire relève d’un litige purement privé et ne saurait, à son sens, être portée sur le terrain pénal. « Il s’agit d’une affaire entre particuliers ; le pénal n’a rien à y voir », aurait martelé Cédric Ayaka Kuma devant les élus.
Pourtant, ces arguments n’ont pas convaincu la majorité des membres de l’Assemblée provinciale de la Mongala. La commission spécialement chargée d’examiner le dossier a indiqué ne pas s’être prononcée sur le fond de l’affaire, mais a précisé que la plupart de ses membres étaient favorables à l’autorisation des poursuites judiciaires. Une position qui a pesé lourd dans la balance ce mercredi, avec un vote sans appel : 16 pour, 4 contre, sur un effectif total de 20 députés provinciaux.
Cette décision ouvre désormais la voie à des investigations approfondies qui pourraient déboucher sur une mise en examen du vice-gouverneur. Le parquet général près la Cour de cassation, à l’origine du réquisitoire, dispose à présent du feu vert politique nécessaire pour enclencher la machine judiciaire. Les prochaines étapes devraient consister en une enquête préliminaire, suivie, le cas échéant, d’une instruction formelle. La justice RDC se trouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, alors que le pays cherche à renforcer la lutte contre l’impunité.
L’affaire de la dette privée de Cédric Ayaka Kuma rappelle que nul, fût-il vice-gouverneur, n’est au-dessus des lois. Elle alimente l’actualité judiciaire RDC et soulève des questions cruciales sur la séparation entre litiges privés et poursuites pénales. Comment tracer la frontière entre un différend civil et une infraction justifiant l’intervention du procureur général près la Cour de cassation ? Autant d’interrogations qui planent sur ce dossier appelé à connaître d’autres développements.
Pour l’heure, la province de la Mongala retient son souffle. Le vice-gouverneur Cédric Ayaka Kuma, qui continue d’assumer ses fonctions, conserve la présomption d’innocence. Mais le vote de l’Assemblée provinciale marque un tournant décisif dans une affaire qui pourrait redessiner les contours de la responsabilité des élus provinciaux en République démocratique du Congo.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
