La République démocratique du Congo franchit une étape décisive pour résoudre un paradoxe qui freine son développement numérique : comment assurer une connectivité fiable lorsque l’alimentation électrique reste intermittente ? Mercredi 13 mai à Kinshasa, un protocole d’accord a été signé entre l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE RDC) et Helios Towers RDC, apportant une réponse structurée à cette équation complexe.
La cérémonie, tenue au siège de l’ARE, a formalisé une coopération inédite entre le régulateur de l’électricité et un gestionnaire majeur d’infrastructures passives RDC. L’objectif est limpide : améliorer l’accès à une énergie fiable, régulée et durable pour les sites de télécommunications, en priorité dans les zones non raccordées au réseau interconnecté. Loin d’être un simple effet d’annonce, l’accord reconnaît Helios Towers RDC comme un « client d’ancrage », sans pour autant lui conférer le statut de producteur ou de distributeur d’électricité. Une distinction essentielle qui préserve la discipline tarifaire et la transparence du marché.
Cette signature intervient dans un contexte où les défis d’approvisionnement énergétique menacent directement la résilience des réseaux télécoms. Peut-on imaginer une couverture mobile étendue si les pylônes restent tributaires de groupes électrogènes coûteux et polluants ? Le partenariat énergie durable noué avec l’ARE RDC entend justement dépasser ces contraintes. Il facilitera la mise en relation de Helios Towers avec des opérateurs énergétiques agréés, tout en garantissant la protection du service public. Les mini‑réseaux autorisés, souvent solaires, sont au cœur de cette stratégie.
Pour la directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz, « ce protocole d’accord traduit la volonté de rapprocher la régulation de la réalité opérationnelle, en canalisant une demande énergétique solvable et conforme ». Une déclaration qui fait écho aux ambitions affichées par le directeur général de Helios Towers RDC, Maixent Bekangba. « Sans une énergie fiable et régulée, il ne peut y avoir de connectivité durable. Ce partenariat crée un cadre clair pour sécuriser nos opérations et soutenir des solutions pérennes », a-t-il souligné.
Concrètement, l’accord positionne Helios Towers RDC comme un catalyseur de l’extension des infrastructures passives RDC, en stimulant l’investissement dans l’énergie télécom RDC. Les zones enclavées, où le réseau électrique national reste absent, bénéficieront de solutions hybrides associant solaire et stockage. À terme, c’est toute la chaîne de la connectivité qui s’en trouve renforcée, depuis les tours télécoms jusqu’aux utilisateurs finaux.
Ce rapprochement entre un régulateur et un acteur privé illustre une approche pragmatique du développement durable. L’initiative s’aligne sur l’ODD 7 (accès à une énergie propre et abordable) et pourrait servir de modèle pour d’autres partenariats énergie durable sur le continent. Reste une question : la mise en œuvre sera-t-elle à la hauteur des promesses ? Les deux parties semblent déterminées à transformer cet engagement en réalités tangibles, pour que l’accès à l’électricité ne soit plus le maillon faible de la révolution numérique congolaise.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
