Le ministère de la Justice a ordonné, ce lundi 11 mai 2026, l’ouverture d’une information judiciaire visant les auteurs de menaces proférées en ligne à l’encontre du président Félix Tshisekedi. Cette décision, annoncée par le garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, intervient dans un climat de tensions numériques nées de la promesse présidentielle de décorer le chanteur Fally Ipupa après ses concerts historiques au Stade de France.
Une campagne de cyberharcèlement, constituée de propos injurieux, diffamatoires et menaçants, a en effet été constatée sur les plateformes sociales, principalement TikTok, de la part d’individus se réclamant du fandom de l’artiste Ferre Gola. Loin d’une simple querelle de chapel, ces attaques ont directement visé la personne du Président de la République, dans ce que le ministère qualifie d’atteinte à l’autorité de l’État et à la cohésion nationale.
Face à ces actes, le ministre d’État Guillaume Ngefa a rappelé que la liberté d’expression, bien que consacrée par la Constitution, ne saurait couvrir des comportements pénalement répréhensibles. « Des propos qui incitent à la haine, qui menacent ou qui diffament ne relèvent pas de l’exercice normal de cette liberté », aurait souligné le communiqué. Les faits pourraient ainsi être qualifiés d’outrage au Chef de l’État, de diffamation et de menaces, infractions définies et réprimées par le code pénal congolais.
Les instructions données aux autorités judiciaires sont claires : une traque doit être immédiatement engagée, en recourant aux investigations techniques et numériques les plus poussées, afin d’identifier tous les auteurs des publications incriminées. Le parquet a été saisi et des enquêtes, y compris internationales, pourront aboutir à des interpellations « conformément à la loi ». La coopération judiciaire avec les pays où résident certains suspects est d’ores et déjà envisagée.
Cette affaire des cybermenaces en RDC pose une nouvelle fois la question de la régulation des contenus en ligne. Jusqu’où la liberté d’expression peut-elle être invoquée lorsque l’espace numérique devient le théâtre d’une vindicte populaire aux relents de lèse-majesté ? Le gouvernement, par la voix de son ministre de la Justice, montre sa détermination à ne pas laisser impunis de tels agissements, qu’il assimile à une instrumentalisation inacceptable de figures publiques.
Au-delà de cette vague d’attaques, le ministère entend poursuivre son action d’assainissement du cyberespace national. Les prochaines semaines devraient révéler les noms des premières personnes interpellées et les charges retenues contre elles. Une chose est certaine : l’État congolais a décidé de faire de la lutte contre les cybermenaces une priorité, rappelant que derrière chaque écran, la loi s’applique.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
