Des taxes imposées par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) sont signalées dans plusieurs villages de la chefferie Babila Bakwanza, au nord du territoire de Mambasa, en Ituri. Des sources locales confirment que des sommes importantes sont désormais exigées des populations civiles, instaurant un climat de peur et d’asservissement dans cette zone forestière déjà fragilisée par l’insécurité de Mambasa.
Selon les informations recueillies, chaque adulte serait contraint de verser près de 30 000 francs congolais. Les cultivateurs, eux, doivent débourser entre 25 et 50 dollars américains pour accéder à leurs propres champs. Une taxation rebelle en Ituri qui s’apparente à un racket systématique, privant les familles de leurs moyens de subsistance.
Un meeting a été organisé vendredi dernier à Elake, au cours duquel les combattants ADF ont officiellement présenté leurs exigences. Ibrahim Mugeni, notable de la chefferie Babila Bakwanza, témoigne : « Les ADF continuent de renforcer leur présence. Ils exigent de l’argent et imposent des frais aux agriculteurs. Nous appelons les forces conjointes FARDC-UPDF à intensifier les opérations de traque. »
Cette évolution marque une escalade préoccupante. Jusqu’où ira l’emprise des ADF RDC sur ces populations livrées à elles-mêmes ? Des cultivateurs abandonnent leurs activités, terrifiés par les enlèvements et les représailles. La sécurité alimentaire de la région est menacée.
Face à cette situation, Ahombi Penesindano, chef du groupement Babila Bakwanza, plaide pour un déploiement militaire urgent : « Il faut que l’armée reprenne le contrôle total pour libérer les otages et permettre aux cultivateurs de retourner dans leurs champs. »
Pendant ce temps, les Forces armées de la RDC (FARDC) annoncent la réouverture de l’axe Nduye–Dingbo, après des opérations menées par la 31e brigade sous le colonel Karim Issa Abdoul. Une victoire tactique, mais qui ne masque pas la persistance des foyers ADF dans les forêts reculées. Les taxes ADF Ituri viennent s’ajouter aux attaques, pillages et enlèvements, dessinant les contours d’une administration parallèle imposée par la rébellion.
Cinq ans après l’instauration de l’état de siège en Ituri, ces nouvelles exactions interrogent sur l’efficacité des dispositifs sécuritaires. Les populations de Babila Bakwanza restent prises en étau entre la violence armée et la prédation économique. Quelle réponse pour briser cet étau ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
