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FRIVAO: Soupçons de surfacturation massive sur un terrain d’hôpital à Kisangani

Une visite de terrain effectuée ce mardi 14 avril par le Président du Conseil d’Administration intérimaire du Fonds de Répartition des Indemnisations aux Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda (FRIVAO) a mis au jour des irrégularités financières présumées d’une ampleur significative. Dismas Kitenge Senga s’est rendu sur un site acquis par l’ancienne coordination de l’institution, destiné à la construction d’un hôpital pour les victimes des guerres de Kisangani, et y a découvert des indices pointant vers un possible système organisé de détournement de fonds.

Localisé à la Cité Paradis, un quartier périphérique situé à six kilomètres du centre-ville de Kisangani, le terrain est composé de dix parcelles et demeure à ce jour vacant. Cette acquisition, réalisée sous la mandature de l’ancien coordonnateur Chancard Bolukola dans le cadre des indemnisations collectives, était initialement présentée comme le futur emplacement d’un établissement de santé moderne de référence. Toutefois, l’examen des documents financiers par l’actuelle direction a fait émerger des chiffres pour le moins alarmants.

Des montants qui « étonnent et scandalisent »

Selon les déclarations formulées par Dismas Kitenge Senga sur les lieux mêmes, une enveloppe d’au moins deux cent cinquante mille dollars américains aurait été décaissée du FRIVAO pour l’achat de ce terrain en périphérie. À cette somme s’ajouterait une commission de dix-neuf mille dollars, versée conformément aux usages du marché foncier local. Face à ces montants, le PCA a.i n’a pas caché son indignation, affirmant que ces chiffres « étonnent, scandalisent un peu quand on habite Kisangani ».

« Il est inconcevable qu’une telle somme ait été engagée pour un terrain situé en périphérie de la ville », a-t-il martelé, laissant transparaître la conviction d’une surfacturation délibérée. Cette opération financière, d’après ses dires, ne correspondrait aucunement à la valeur réelle du bien acquis et soulève de lourds soupçons quant à son objectif véritable. Comment un tel écart a-t-il pu être justifié ? Et à qui ont profité ces fonds destinés aux victimes des conflits ?

Un « réseau mafieux » et un système de détournement organisé

Les suspicions de Dismas Kitenge Senga vont au-delà d’une simple erreur d’appréciation. Le PCA intérimaire évoque clairement une possible manœuvre frauduleuse et un système structuré de détournement de fonds publics. Il suspecte une opération de surfacturation ayant permis « une sortie de fonds effective sous de faux prétextes », opération qui aurait bénéficié à un véritable « réseau mafieux ».

Ce réseau, selon ses affirmations, pourrait impliquer aussi bien des membres de l’ancienne coordination intérimaire du FRIVAO que certains services de l’État, créant ainsi une collusion facilitant le prélèvement illicite sur les ressources de l’institution. « Le fonds de FRIVAO doit être géré en toute transparence et non faire l’objet de gaspillage », a rappelé avec fermeté Dismas Kitenge, soulignant le caractère sacré de cette enveloppe destinée à réparer les préjudices subis par les populations.

Cette affaire de fraude sur le terrain de Kisangani vient jeter une lumière crue sur les risques de gestion qui pèsent sur les fonds d’indemnisation. Elle questionne les mécanismes de contrôle qui étaient en vigueur et la possibilité que des pratiques similaires aient pu être employées sur d’autres postes de dépenses. La construction de l’hôpital pour les victimes de la guerre, projet emblématique et urgent, se trouve de facto reportée aux calendes grecques, les fonds ayant potentiellement été dilapidés.

Vers l’ouverture d’une enquête judiciaire rigoureuse

Face à la gravité des faits révélés, Dismas Kitenge Senga a annoncé des mesures immédiates. Un rapport détaillant l’ensemble des éléments recueillis et des irrégularités constatées sera transmis dans les plus brefs délais à l’autorité de tutelle du FRIVAO ainsi qu’à son Conseil d’Administration. La recommandation phare de ce document sera l’ouverture d’une enquête approfondie et rigoureuse.

Le PCA a.i souhaite expressément que le Ministre de la Justice saisisse le Procureur Général près la Cour d’Appel de Kisangani, afin qu’une commission d’experts indépendants soit dépêchée sur cette affaire. L’objectif est de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cette acquisition, de retracer les flux financiers et d’identifier formellement les responsables de ce qui s’apparente de plus en plus à un détournement de fonds du FRIVAO. Cette étape judiciaire sera cruciale pour déterminer s’il y a lieu d’engager des poursuites pénales pour fraude, abus de confiance et concussion.

L’affaire est désormais entre les mains des autorités compétentes. Elle constitue un test majeur pour la transparence de la gestion publique en République Démocratique du Congo et pour la capacité de l’État à protéger les fonds destinés aux plus vulnérables, les victimes des guerres. La population de Kisangani et, au-delà, l’ensemble des citoyens congolais attendent des actes concrets et des sanctions à la hauteur des manquements constatés. La crédibilité du processus d’indemnisation et la justice due aux victimes en dépendent.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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