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Candidature RDC Francophonie : Kinshasa propose Juliana Amato Lumumba pour rénover l’OIF

À six mois du prochain Sommet de la Francophonie, la République démocratique du Congo (RDC) entre dans l’arène en officialisant sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Le ministre délégué aux Affaires étrangères, chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu Phanzu, a dévoilé cette ambition et présenté la personnalité choisie pour incarner ce projet : Juliana Amato Lumumba. Cette annonce place Kinshasa en concurrente directe de la secrétaire générale sortante, dont la réélection est soutenue par Kigali, et ouvre un débat sur l’avenir de l’espace francophone.

Quelle signification revêt cette candidature pour un pays souvent perçu comme un géant au potentiel sous-exploité ? Le ministre justifie cette démarche par une évidence démographique : avec plus de 100 millions d’habitants, dont une majorité écrasante de jeunes, la RDC est le premier pays francophone du monde par la population. « La RDC ne peut plus rester en retrait de cette responsabilité », affirme-t-il, soulignant que ce poids doit se traduire dans la gouvernance de l’OIF. Au-delà des chiffres, cette candidature s’inscrit dans une volonté de recentrer l’organisation sur ses fondamentaux, tels que stipulés dans sa Charte : la démocratie, la paix, le respect des droits de l’Homme et la solidarité entre les peuples.

Le choix de la personnalité porteuse de ce projet n’est pas anodin. Juliana Amato Lumumba, fille du héros de l’indépendance Patrice Emery Lumumba, n’est pas présentée comme une figure de nostalgie, mais comme « une femme de son temps ». Dotée d’un parcours mêlant gouvernance publique, diplomatie culturelle et entrepreneuriat, elle a notamment occupé le poste de ministre de la Culture en RDC et celui de secrétaire générale de l’Union des Chambres de Commerce africaines au Caire. Selon les autorités congolaises, son profil incarne une éthique de responsabilité et de dialogue, capable de parler aux États comme aux sociétés civiles sans être enfermée dans des logiques de blocs.

La vision portée par Kinshasa pour l’OIF se veut résolument tournée vers l’avenir. Le ministre Mbadu Phanzu plaide pour une Francophonie « plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples ». Concrètement, cela se traduirait par un accent renforcé sur la « Francophonie numérique », visant à faire du français une langue de l’innovation et des plateformes digitales, et sur la « Francophonie des égalités », avec des programmes ambitieux pour la jeunesse, l’emploi, l’entrepreneuriat et l’égalité femmes-hommes. L’objectif déclaré est de transformer l’organisation en un levier de solutions concrètes pour les populations, et non de la limiter à un cercle de chancelleries.

Cette candidature RDC Francophonie survient dans un contexte régional tendu, marqué par des conflits à l’est du pays. Pourtant, Kinshasa se défend de toute volonté de confrontation bilatérale, notamment avec le Rwanda qui soutient la candidate sortante. « Nous refusons d’importer nos conflits bilatéraux dans la gouvernance de l’OIF », insiste le ministre, présentant cette démarche comme un acte de responsabilité multilatérale. La RDC mise sur son statut et sa vision pour rassembler un large consensus, arguant qu’après deux mandats, l’alternance est saine pour une organisation qui promeut la démocratie.

Sur le plan diplomatique, des consultations discrètes seraient déjà en cours. Le président Félix Tshisekedi a évoqué le dossier avec son homologue français Emmanuel Macron, sans que Paris n’ait encore officialisé de position. La stratégie congolaise semble privilégier l’écoute et le dialogue, cherchant à bâtir un consensus autour d’un projet perçu comme crédible et nécessaire. Cette initiative s’inscrit dans un repositionnement plus large de la diplomatie congolaise, visant à affirmer le rôle du pays sur la scène internationale.

Alors que le Sommet de la Francophonie au Cambodge approche, la campagne s’annonce subtile. La RDC devra convaincre les 88 États et gouvernements membres de la pertinence de son projet face à une candidate sortante bien établie. Les arguments démographiques et la promesse d’un renouveau axé sur la jeunesse et l’innovation constitueront ses principaux atouts. La question reste de savoir si la communauté francophone est prête à opérer ce virage et à confier son leadership à un pays qui, malgré ses défis internes, aspire à jouer un rôle moteur. L’élection ne sera pas seulement un choix de personne, mais un vote sur la direction future de l’espace francophone lui-même.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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