Alors que le système éducatif congolais poursuit sa mue, une décision vient de créer l’événement : l’introduction de l’épreuve orale d’anglais à l’Examen d’État dès cette année académique. Une réforme qui suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations parmi les acteurs du secteur éducatif.
À l’Université Pédagogique de Kananga (UPKAN), le Chef du département des Lettres et Civilisation anglaise, le Chef des travaux Sylvain Tshitoko, accueille cette innovation avec un optimisme mesuré. « J’ai accueilli cette décision avec beaucoup d’enthousiasme », confie-t-il, tout en reconnaissant les défis pédagogiques que cette mesure implique.
Mais pourquoi cette réforme éducation RDC suscite-t-elle autant de réactions ? L’explication réside peut-être dans le statut particulier de l’anglais dans notre société contemporaine. « Vous savez que l’anglais est une langue que beaucoup de nos élèves négligeaient au secondaire, ne sachant pas qu’elle est très importante », déplore Sylvain Tshitoko. Une situation qui pourrait bien changer avec l’introduction de cet oral anglais examen état.
Le spécialiste voit dans cette décision un puissant levier motivationnel pour les élèves. « Les élèves seront désormais motivés à apprendre l’anglais. Je pense que certains iront même dans des centres spécialisés pour approfondir leurs connaissances », prédit-il. Une perspective qui pourrait dynamiser l’apprentissage anglais Congo et revaloriser cette discipline souvent reléguée au second plan.
Au-delà de la simple évaluation, c’est toute une philosophie éducative qui est en jeu. Sylvain Tshitoko rappelle avec conviction que « l’anglais est une langue qui ouvre l’accès aux affaires, au commerce, à l’information et à la communication ». Dans un monde de plus en plus interconnecté, maîtriser cette langue devient un impératif. « Aujourd’hui, celui qui ne sait pas utiliser l’outil informatique et qui ne connaît pas l’anglais est considéré comme un illettré. C’est aussi la langue des recherches », assène-t-il.
Pourtant, cette innovation ne fait pas l’unanimité. Dans les établissements scolaires, les réactions sont partagées. Certains élèves approuvent cette décision, y voyant une reconnaissance de l’importance de l’anglais dans leur formation. D’autres, en revanche, s’interrogent sur le bien-fondé d’imposer une épreuve orale qu’ils jugent trop exigeante. N’est-il pas prématuré d’exiger une maîtrise orale de l’anglais dans un contexte où les conditions d’apprentissage restent souvent précaires ?
Face à ces préoccupations légitimes, Sylvain Tshitoko lance un appel aux enseignants. Il les invite à « revoir leurs méthodes pédagogiques afin de permettre aux élèves d’atteindre un niveau suffisant pour réussir cette épreuve orale sans difficulté ». Un défi de taille pour les professeurs d’anglais, qui devront adapter leurs pratiques à cette nouvelle exigence.
La réussite de cette réforme dépendra largement de la capacité du système éducatif à accompagner cette transition. Comment garantir une formation de qualité en anglais oral dans toutes les provinces de la RDC ? Les établissements disposent-ils des ressources nécessaires pour préparer efficacement les élèves à cette épreuve ? Autant de questions qui méritent une réflexion approfondie.
L’examen national anglais version orale représente donc bien plus qu’une simple modification du format d’évaluation. C’est un signal fort envoyé à toute la communauté éducative sur l’importance des compétences linguistiques dans la formation des jeunes Congolais. Une étape cruciale dans l’adaptation du système éducatif aux exigences du monde contemporain.
À l’heure où la mondialisation transforme en profondeur les économies et les sociétés, la maîtrise de l’anglais devient un atout indispensable. La décision d’introduire l’oral à l’Examen d’État s’inscrit dans cette logique de préparation des jeunes aux défis de demain. Reste à savoir si les conditions sont réunies pour que cette ambition se traduise en succès concret pour les milliers d’élèves concernés.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: radiookapi.net
