Les Léopards sourds de la République Démocratique du Congo s’apprêtent à écrire une nouvelle page de l’histoire du sport adapté en Afrique. Direction Libreville pour un tournoi amical international qui s’annonce comme le banc d’essai idéal avant l’ultime objectif : la première CAN Sourds 2026.
Du 19 au 24 octobre 2025, le Gabon va vibrer au rythme du ballon rond adapté. Pour les Léopards sourds RDC, ce tournoi de Libreville représente bien plus qu’une simple compétition amicale. C’est le tremplin vers la consécration continentale, la répétition générale avant l’ouverture du grand bal camerounais en avril 2026.
L’ambiance était électrique ce jeudi 9 octobre à Kinshasa, dans l’enceinte prestigieuse de la Fondation Nadine Nzambo Wauters. Antoine Salomon Mbafu, l’homme qui orchestre la montée en puissance des Léopards sourds, affichait un optimisme contagieux. « L’équipe est en forme pour participer à ce grand rendez-vous », a-t-il lancé devant une assistance médiatique conquise.
Mais au-delà des déclarations de confiance, qu’en est-il réellement de la préparation technique ? La réponse fuse, précise et rassurante. Après une série de matchs amicaux disputés à Lubumbashi, deux autres rencontres sont programmées à Kinshasa. Trois nouveaux athlètes viennent d’intégrer le groupe national, renforçant encore le potentiel de cette équipe qui ne demande qu’à exploser.
Le soutien institutionnel semble enfin au rendez-vous. Antoine Salomon Mbafu n’a pas manqué de saluer l’engagement personnel du Président Félix Tshisekedi en faveur de l’inclusion sociale et sportive des personnes vivant avec handicap. Un hommage appuyé a également été rendu au ministre des Sports, Didier Budimbu, pour son appui concret envers l’équipe nationale des sourds. Le dossier financier serait actuellement entre les mains du ministère des Finances, avec instruction de traitement en urgence.
Mais comment mesurer l’importance réelle de ce tournoi de Libreville dans la perspective de la CAN Sourds 2026 ? La réponse se trouve dans la métamorphose du sport adapté en RDC. Ce tournoi gabonais représente le laboratoire où se forge la mentalité championne, où s’affinent les automatismes, où se consolide la cohésion d’équipe.
Dans l’ombre portée des projecteurs, une femme se bat avec une conviction inébranlable. Nadine Nzambo Wauters, promotrice de l’école Les Amis de Daniel et présidente de la FNNW, a lancé un appel vibrant à l’unité nationale. « Soutenons-les comme nous soutenons les valides. Ce sont nos enfants, nos champions. Leur combat est aussi celui de toute la Nation ». Des mots qui résonnent comme un manifeste pour l’inclusion sportive.
Sa fondation continue d’accompagner résolument cette équipe et toutes les initiatives sportives inclusives. Un engagement qui dépasse le simple cadre sportif pour embrasser une vision sociétale plus large. Car le succès des Léopards sourds pourrait bien servir de catalyseur à une véritable révolution dans la perception du handicap en RDC.
La CAN des Sourds 2026 s’annonce effectivement comme un tournant historique pour le sport adapté en Afrique. Pour la RDC, cette première édition transcende le simple cadre compétitif. Elle incarne l’opportunité unique de faire rayonner le talent et la résilience de ses athlètes sourds sur tout le continent.
Le compte à rebours est lancé. Les valises se préparent, les derniers réglages techniques s’opèrent, la motivation atteint des sommets. Les Léopards sourds de la RDC n’ont qu’une obsession : montrer à Libreville qu’ils comptent bien figurer parmi les favoris de la future CAN Sourds. Leur rugissement promet d’être entendu bien au-delà des frontières gabonaises.
Qui aurait imaginé, il y a seulement quelques années, que le sport adapté congolais connaîtrait un tel essor ? La réponse se construit jour après jour, sur les terrains d’entraînement, dans les vestiaires, au cœur des institutions qui osent croire en cette belle aventure. Le tournoi de Libreville n’est qu’une étape, certes, mais une étape décisive vers la consécration.
L’équipe nationale sourds Congo aborde cette compétition avec l’ambition chevillée au corps et la fierté nationale en étendard. Le message est clair : le sport adapté RDC existe, il vibre, il performe. Et il n’a pas fini de nous surprendre.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
