Alors que l’affaire fait grand bruit, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a provoqué encore plus grandes réactions en s’opposant ouvertement à la proposition de Loi Tshiani – un texte qui appelle à des règles communes de citoyenneté qui datent de la prise de conscience de l’unité ethnique et nationale.
Beaucoup ont trouvé malvenu le commentaire des évêques, notamment Linda Endundo Bononge, ancien opérateur politique. Selon elle, l’Église catholique “pratique la Loi Tshiani depuis des siècles. Elle en veut pour preuve, le fait que tous les curés d’Europe sont des africains, mais le Pape reste toujours blanc”. Elle suggère à Monseigneur Donatien N’Shole et au Cardinal Ambongo d’aller militer « pour l’accès à la papauté pour cesser la discrimination au sein de l’Église universelle ».
L’initiateur de cette proposition de Loi justifie par le passé de la RDC, sujet à toute forme de délaissement de ceux qui prétendent être ses fils et filles.
C’est pourquoi, la proposition de Loi appellée “de père et de mère” est à l’examen et attend d’être promulguée. Elle a atteint son objectif de “créer un terrain d’égalité pour tous les citoyennes et citoyens congolais dans leur contribution à la cohésion nationale et sociale, le développement du marché du travail, etc.”, en dépit du tollé qui lui a été soulevé.
Reste à savoir si cette Loi, cherchant à enrayer bien des discriminations des années passées, déplaît tant aux chefs de l’Église catholique. Au moment où la nation coulait comme au temps passé, ne devrait-elle pas susciter l’orgueil de la nation ?
En tout état de cause, alors que la Loi Tshiani continue de faire polémique et susciter des débats autour de son approbation, une chose reste certaines: l’amour de sa patrie est certes tributaire du sang, mais ne doit pas être inféodé à la discrimination.
