La détermination affichée par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, lors d’une causerie morale ce dimanche 19 juillet au siège du parti, relance le débat sur le changement constitutionnel en République démocratique du Congo. Une annonce qui soulève une question centrale : jusqu’où le parti présidentiel est-il prêt à aller pour réviser la loi fondamentale, et quelles en seraient les conséquences pour les citoyens ?
Un engagement personnel à haut risque
Face aux militants, Augustin Kabuya a employé des mots forts, se disant prêt à « donner sa tête » pour que la Constitution soit changée. « L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) ne va pas reculer sur cette question. S’il s’agit même de donner ma tête, je suis prêt, mais cette Constitution sera changée », a-t-il déclaré. Cette rhétorique du sacrifice personnel vise à galvaniser les troupes, mais elle expose aussi le secrétaire général à une pression accrue, dans un contexte où les critiques fusent contre son parti et la structure « Force du progrès ». En se posant en rempart, Kabuya cherche à incarner la lutte pour un projet qui divise, quitte à en assumer personnellement les risques politiques.
La Force du progrès, un outil de mobilisation contesté
Kabuya a tenu à défendre cette organisation, la présentant comme non violente, en réponse aux accusations de troubles. « Ils savent que je suis non violent, raison pour laquelle ils inventent toutes ces choses. Mais vous devez savoir que la Force du progrès est non violente. Ceux qui sèment le désordre et la désolation ne sont pas de l’UDPS », a-t-il affirmé. Cette mise au point intervient alors que l’opposition dénonce régulièrement des dérives, et que la population s’interroge sur le rôle réel de cette structure dans le paysage politique. En insistant sur la non-violence, le secrétaire général tente de dissocier l’image du parti des fauteurs de troubles, tout en maintenant une force de mobilisation capable de soutenir le projet de révision constitutionnelle. Pour le citoyen, cette ambivalence nourrit l’incertitude : s’agit-il d’un mouvement civique ou d’un instrument politique au service d’un agenda contesté ?
Un appel au calme face aux provocations
Dans un souci d’apaisement, le président intérimaire de l’UDPS a exhorté les militants de la famille du Chef de l’État à ne pas répondre aux provocations, qu’il attribue à l’opposition. Cet appel à la retenue révèle les tensions sous-jacentes et la crainte de débordements, alors que le débat constitutionnel pourrait enflammer la rue. Pour le citoyen ordinaire, cette stratégie de non-violence affichée est un signal : le parti présidentiel veut garder le contrôle du processus, mais le risque de fracture sociale demeure. En appelant ses partisans à la discipline, Kabuya cherche à éviter que la contestation ne se retourne contre le camp présidentiel, tout en maintenant la pression sur l’opposition, accusée de vouloir déstabiliser le pays.
En réaffirmant sa volonté de changer la Constitution coûte que coûte, Augustin Kabuya place l’UDPS dans une posture de combat. Reste à savoir si cette détermination servira les intérêts de la population ou si elle ouvrira une nouvelle crise institutionnelle. La promesse d’un sacrifice personnel, aussi symbolique soit-elle, ne répond pas aux interrogations sur le contenu de la réforme ni sur ses bénéfices concrets pour les Congolais. Dans un pays où les institutions restent fragiles, le débat constitutionnel pourrait rapidement dépasser les discours et impacter la vie quotidienne, entre espoirs de changement et craintes d’instabilité.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
