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Manono : un otage chinois de CREC 7 libéré après une violente attaque

Une nouvelle attaque de coupeurs de route a ensanglanté l’axe routier du Tanganyika. Un ressortissant chinois, employé de l’entreprise CREC 7, a été enlevé puis retrouvé blessé après une violente embuscade près de Manono. Cet incident, qui a également fait deux blessés parmi ses accompagnateurs, souligne une fois de plus l’insécurité persistante qui règne sur les routes de cette province congolaise.

Les faits se sont déroulés dans la matinée de vendredi dernier. Le convoi, revenant de la cité de Kiambi où la société CREC 7 mène des travaux de réhabilitation routière, a été pris pour cible aux environs de 9 heures locales. L’attaque a eu lieu après le village de Kanteba, situé à seulement sept kilomètres du centre de Manono. Des hommes armés non identifiés ont ouvert le feu, blessant grièvement le chauffeur du véhicule et un policier chargé de la sécurité. L’expatrié chinois a quant à lui été arraché à son véhicule et emmené de force dans la brousse par ses ravisseurs.

L’administrateur du territoire de Manono, Cyprien Kitanga Kibale, a confirmé les circonstances dramatiques de ce kidnapping. « Les hommes en uniforme, donc nos militaires, ont suivi les bandits et ont échangé des tirs pendant 10 à 15 minutes. Ça n’a pas été, et puis les bandits sont allés avec le Chinois en brousse », a-t-il déclaré. Une course-poursuite engagée aussitôt par les éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) n’a malheureusement pas permis une libération immédiate. Les militaires ont perdu la trace des assaillants dans la dense végétation de la région.

Ce n’est que le samedi suivant, aux alentours de 17 heures, que l’otage chinois a été retrouvé. De manière aussi inattendue que tragique, il a été découvert abandonné au même lieu de son enlèvement, sur la route Manono-Kiambi. L’homme présentait une blessure par balle à la main et a immédiatement été pris en charge pour recevoir des soins médicaux appropriés. Son état est considéré comme stable. Le chauffeur et l’agent de police, victimes collatérales de cette attaque, sont également sous traitement.

Pourquoi les ressortissants chinois sont-ils si souvent la cible privilégiée des coupeurs de route dans le Tanganyika ? Cette récurrente question demeure sans réponse claire, alors que cette attaque à Manono s’inscrit dans une longue série. Les travailleurs asiatiques, souvent employés par des sociétés minières ou de construction, sont perçus comme des otages à forte valeur, susceptibles de générer des rançons importantes. Leur mobilité sur des axes peu sécurisés les expose particulièrement. L’entreprise CREC 7, active dans les travaux d’infrastructure, voit ainsi sa sécurité remise en cause, ce qui pourrait à terme affecter la poursuite des projets de développement dans la province.

Les autorités locales affirment que les militaires des FARDC poursuivent activement les traques pour démanteler ce réseau de bandits armés. L’administrateur Kitanga Kibale a assuré que tous les moyens étaient mis en œuvre pour identifier et appréhender les responsables de cette attaque. Cependant, l’étendue du territoire et la difficulté du terrain compliquent singulièrement les opérations de ratissage. La population locale, vivant dans la crainte permanente de ces coupeurs de route, appelle à un renforcement palpable de la sécurité sur les principaux axes de circulation.

Cet incident grave survient dans un contexte sécuritaire déjà très dégradé pour la province du Tanganyika. Les groupes armés et les bandes criminelles y prolifèrent, profitant du vide sécuritaire et de la porosité des frontières. La route reliant Manono à Kiambi est un point névralgique pour l’économie locale, et son insécurité chronique étouffe les échanges et le développement. La libération de l’otage chinois, bien que salutaire, ne résout en rien le problème de fond. Combien d’autres attaques similaires devront encore se produire avant qu’une réponse sécuritaire d’envergure ne soit déployée ?

Le bilan de cette attaque est lourd : un otage libéré après des heures d’angoisse, trois personnes blessées par balles, et une communauté expatriée de nouveau sous le choc. Les enquêtes se poursuivent pour élucider les circonstances exactes de ce kidnapping et identifier le groupe armé responsable. Les services de sécurité tentent de déterminer s’il s’agit d’un acte criminel isolé ou d’une action coordonnée par un réseau plus large. En attendant, la vigilance reste de mise sur toutes les routes de la région, où le risque d’une nouvelle embuscade plane toujours.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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