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Pollution plastique à Goma : les femmes en danger immédiat pour leur santé

À Goma, capitale du Nord-Kivu, le plastique n’est plus un simple matériau d’emballage : il est devenu un envahisseur silencieux, un poison quotidien qui se glisse dans l’assiette, le verre et même le lit d’accouchement. L’alerte est lancée par l’organisation Appui aux initiatives communautaires de conservation et de développement durable (AICED), qui pointe du doigt un danger sanitaire majeur. Les femmes et les jeunes filles de la région sont en première ligne face à cette pollution plastique Goma, subissant de plein fouet les conséquences sur leur santé. Pourquoi leur vie est-elles plus menacée ? La réponse se niche dans leurs habitudes domestiques et leur anatomie, faisant de la lutte contre les déchets plastiques RDC une question de survie.

« Tout est devenu plastique dans les ménages. On mange sur du plastique, on boit sur du plastique, on donne naissance aux enfants sur du plastique », dénonce avec une inquiétude palpable Faustin Nyebone, directeur de l’AICED environnement Nord-Kivu. Cette omniprésence a un coût caché : lorsque des aliments chauds sont servis dans des récipients ou des emballages en plastique, des additifs toxiques migrent et contaminent la nourriture. L’intoxication guette à chaque repas, transformant un geste banal en risque invisible. Les femmes, pilier de la cuisine et de la gestion du foyer, sont les premières exposées à ce cocktail chimique, mettant en péril la santé des femmes plastique.

Pourtant, malgré les campagnes répétées de sensibilisation, le changement de comportement peine à s’installer. Comment expliquer cette inertie face à un péril aussi concret ? L’AICED, en première ligne du combat écologique, regrette que les messages d’alerte ne se traduisent pas encore par des actes à grande échelle. Les sacs, bouteilles et films plastiques restent rois, engendrant des montagnes de déchets qui étouffent les quartiers et polluent le lac Kivu. Cette résistance au changement fait peser une lourde menace sur l’équilibre environnemental et sanitaire de toute la région.

Le thème de la dernière Journée internationale des droits des femmes, centré sur l’action, résonne comme un appel urgent. Faustin Nyebone en fait un levier : il invite les femmes de Goma à se saisir de leur pouvoir pour protéger leur propre santé. En effet, de par leurs rôles dans la cuisine, l’hygiène domestique et la consommation, elles détiennent une clé essentielle pour inverser la tendance. Adopter des alternatives écologiques femmes n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Utiliser des récipients en verre ou en inox, privilégier les sacs en tissu, dire non aux emballages à usage unique : autant de gestes simples qui forment un bouclier contre la contamination.

La forêt en détresse et les océans asphyxiés sont des images lointaines ? À Goma, l’urgence écologique se vit au quotidien, dans l’intimité des foyers. Chaque fois qu’une mère sert un plat chaud dans un bol plastique, elle expose sa famille à des perturbateurs endocriniens. Chaque fois qu’une jeune fille utilise un produit d’hygiène emballé dans du plastique, elle risque une exposition cutanée aux microparticules. L’AICED le rappelle : la santé reproductive et générale des femmes est en jeu. Agir n’est plus une option, c’est une obligation pour briser ce cycle toxique.

La route est longue, mais les premiers pas sont à portée de main. La mobilisation communautaire, portée par des organisations comme l’AICED, est cruciale pour populariser les solutions durables. Il s’agit de construire une nouvelle culture de la consommation, où le plastique n’est plus le roi incontesté. Les autorités locales, les associations et chaque citoyen doivent unir leurs forces. Le temps est à l’action concrète, car chaque geste écologique adopté est une victoire contre l’invasion plastique. Protéger les femmes de Goma, c’est protéger l’avenir de toute une génération et préserver un environnement déjà fragilisé par les conflits. L’appel est lancé : la santé ne doit plus être la proie silencieuse de notre dépendance au plastique.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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