AccueilActualitéInternationalRapatriement volontaire en 2026 : la tripartite RDC-Zambie-HCR relance le processus

Rapatriement volontaire en 2026 : la tripartite RDC-Zambie-HCR relance le processus

La République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont officialisé la relance du processus de rapatriement volontaire des réfugiés congolais vivant en Zambie. Interrompu depuis 2025 pour des raisons techniques, ce programme ambitieux vise à faciliter le retour et la réintégration de près de 72 000 personnes d’ici mai 2026. Cette décision marque un tournant après plus d’une décennie de statu quo, suite à la 9e réunion de la Commission tripartite RDC-Zambie-HCR tenue à Kolwezi du 10 au 12 mars.

Le contexte de cette initiative remonte à 2012, date de la dernière rencontre tripartite à Kinshasa. Depuis, la situation des réfugiés congolais en Zambie est restée en suspens, avec des défis logistiques et sécuritaires retardant tout retour organisé. L’annonce actuelle intervient donc comme une réponse urgente à un besoin humanitaire persistant, alors que des milliers de familles aspirent à retrouver leur terre natale. Mais comment garantir un retour digne et durable ? La réponse se trouve dans les engagements pris lors de cette session cruciale à Kolwezi.

Lors de la réunion tripartite, Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur, a réaffirmé la détermination de son gouvernement à assumer ses responsabilités. « Le gouvernement congolais reste disposé et déterminé à assumer sa responsabilité dans ce processus afin que le chemin que nous avons balisé ensemble puisse favoriser le retour volontaire de tous les réfugiés congolais », a-t-il déclaré. Cette prise de position forte souligne la volonté politique de Kinshasa de tourner la page des conflits et d’œuvrer pour la réconciliation nationale.

De son côté, le HCR, représenté par Pierre Atchom en RDC, a promis un soutien sans faille aux deux États. « Le HCR réitère son engagement à soutenir la RDC et la Zambie dans leurs efforts de mobilisation des ressources nécessaires à l’organisation du retour tant désiré des ressortissants congolais », a-t-il assuré. Cette déclaration met en lumière le rôle pivot de l’agence onusienne dans la coordination et le financement de l’opération, un élément clé pour sa réussite.

Au-delà des déclarations d’intention, des mesures concrètes ont été adoptées. Les parties ont recommandé l’organisation d’une mission gouvernementale dans les zones d’accueil en Zambie pour sensibiliser et rassurer les réfugiés sur les conditions de retour. Parallèlement, un groupe de travail technique se réunira régulièrement pour assurer une coordination efficace. Enfin, concernant les réfugiés zambiens en RDC, une commission sera mise en place pour leur identification et leur enregistrement, jetant ainsi les bases d’un processus de retour réciproque.

Quelles sont les implications de ce rapatriement volontaire prévu pour 2026 ? D’abord, il s’agit d’un signal fort de stabilisation dans la région des Grands Lacs, où les mouvements de population ont longtemps été liés à l’insécurité. Ensuite, le succès de cette opération dépendra de la mobilisation des ressources promises par le HCR et de la collaboration étroite entre Kinshasa et Lusaka. Les défis sont nombreux : infrastructures d’accueil en RDC, processus de réintégration sociale, et garantie de sécurité dans les zones de retour.

La tenue de cette réunion tripartite à Kolwezi, chef-lieu du Lualaba, n’est pas anodine. Cette province, frontalière avec la Zambie, est une zone clé pour le retour des réfugiés. La participation des gouverneurs du Lualaba, du Haut-Katanga, du Haut-Lomami et du Tanganyika montre l’importance d’une approche décentralisée, intégrant les autorités locales. Cela pourrait favoriser une réintégration harmonieuse des rapatriés dans leurs communautés d’origine.

En conclusion, la relance du rapatriement volontaire des réfugiés congolais de Zambie est une lueur d’espoir pour des milliers de familles. Cependant, le chemin vers mai 2026 sera semé d’embûches. La prochaine réunion de la Commission tripartite, prévue en Zambie, devra faire le point sur les avancées et maintenir la dynamique. Pour l’heure, l’engagement commun de la RDC, de la Zambie et du HCR ouvre une nouvelle page dans la gestion des crises humanitaires transfrontalières.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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