La sentence tombe comme un couperet : le Daring Club Motema Pembe, l’un des clubs les plus emblématiques du football congolais, est au bord du précipice. Menacé d’une relégation administrative infligée par la FIFA pour non-paiement de dettes colossales envers d’anciens membres de son staff, le géant vert et blanc de Kinshasa lance un ultime SOS au gouvernement. Une course contre la montre haletante s’est engagée pour éviter l’impensable.
Le scénario catastrophe est clair et sans appel. La fédération internationale a accordé un délai d’un mois au DCMP pour régler ses arriérés envers plusieurs anciens employés, un délai aujourd’hui expiré. La sanction en cas de défaut de paiement ? Une relégation immédiate, un coup de massue qui plongerait le club dans les abîmes, avec des conséquences sportives et financières dramatiques. Face à cette épée de Damoclès, les dirigeants du club n’ont d’autre choix que de frapper à la porte du pouvoir.
Jeudi 12 mars, une délégation conduite par le ministre provincial des Sports de Kinshasa, Bob Amiso, a été reçue en urgence par le ministre national des Sports, Didier Budimbu. L’objectif : trouver des pistes de solution et mobiliser un soutien gouvernemental qui représenterait la dernière bouée de sauvetage. Les discussions, décrites comme « constructives » par l’entourage du ministre, ont abouti à une lueur d’espoir. Didier Budimbu s’est montré attentif et a promis de soumettre le dossier au Conseil des ministres dans les plus brefs délais pour explorer les options d’aide.
Mais le temps presse, et l’addition est salée. Selon la correspondance officielle de la FIFA, le club football Kinshasa doit la bagatelle de 630 824 dollars US à ses anciens employés. Une facture qui se décompose en plusieurs créances : près de 368 000 USD pour l’entraîneur italien Andrea Agostinelli, un peu plus de 100 000 pour son compatriote Emanuele Bottoni, environ 56 000 pour le préparateur physique Matteo Basile, près de 95 000 pour le technicien congolais Otis Ngoma et 12 000 pour le joueur ghanéen Emmanuel Attanyamaa Asante. Des montants faramineux, hors de portée d’un club aux finances exsangues.
Le secrétaire de l’équipe, Omer Makutu, assure que certains dossiers sont en cours de traitement interne. Mais comment combler un tel gouffre sans une aide extérieure décisive ? La question tourmente tout le monde football congolais. La relégation du DCMP ne serait pas seulement un drame pour ses supporters, mais une onde de choc pour tout le sport national. Peut-on imaginer la LINAFOOT sans les Immaculés ? Comment un tel symbole a-t-il pu en arriver là ?
La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Le ministre Budimbu a demandé au club de fournir toutes les pièces justificatives pour étayer sa demande. L’urgence est absolue. En attendant une décision du Conseil des ministres, l’angoisse est palpable au sein du club, déjà lourdement handicapé sur le terrain où il occupe la dernière place du groupe B de la phase classique de la LINAFOOT. Dimanche 15 mars, les joueurs affronteront l’AC Rangers avec ce spectre en tête.
Cette affaire des dettes anciens employés DCMP dépasse le simple cadre sportif. Elle interroge sur la gestion des clubs et la nécessité d’une solidarité nationale face à une institution en péril. Le gouvernement congolais va-t-il se montrer à la hauteur de l’enjeu et voler au secours d’un pan entier de l’histoire du football local ? La réponse, attendue dans les jours à venir, déterminera l’avenir des Vert et Blanc. Pour les supporters et l’ensemble des amateurs d’actualités sportives Congo, le compte à rebours a commencé. Le DCMP joue sa survie, et chaque minute compte.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
