Dans un contexte sécuritaire toujours plus délétère, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a publié, ce jeudi 12 mars à Kinshasa, un rapport accablant sur la situation des droits humains en République démocratique du Congo. L’organisme onusien y documente pas moins de 6 169 violations des droits de l’homme pour l’année 2025, représentant une augmentation alarmante de 24 % par rapport à l’année précédente. Ces exactions, qui ont touché plus de 18 000 victimes, dont 2 806 femmes et 1 394 enfants, dessinent le sombre portrait d’un pays où la violence est devenue endémique, particulièrement à l’Est.
La lecture du rapport dévoile une répartition des responsabilités aussi prévisible qu’inquiétante. Les groupes armés sont identifiés comme les principaux auteurs, étant à l’origine de 71 % des violations enregistrées. Le mouvement AFC/M23, opérant souvent en symbiose avec l’armée rwandaise selon les conclusions du BCNUDH, est cité en tête de liste des auteurs non étatiques. Cette prééminence des acteurs armés illégaux est directement corrélée à la dégradation sécuritaire observée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment après les prises de Goma et de Bukavu.
L’État n’est cependant pas en reste. Les agents des forces de sécurité et de défense sont impliqués dans 28 % des cas documentés, une proportion qui interroge sur la capacité des autorités à protéger les populations tout en respectant le droit. Cette implication de l’appareil étatique prend parfois des formes institutionnelles préoccupantes. Le rapport pointe ainsi du doigt le Conseil national de cyberdéfense, accusé d’avoir procédé à des arrestations et détentions illégales de centaines de personnes, privées de tout contact avec leurs proches et leurs conseils juridiques. Cette pratique contribue activement au rétrécissement de l’espace civique dénoncé par les experts onusiens.
Parmi les tendances les plus inquiétantes mises en lumière par ce rapport BCNUDH RDC, la recrudescence des violences sexuelles liées au conflit frappe par son ampleur. Ces crimes ont connu une hausse vertigineuse de 59 %, avec 1 479 victimes documentées pour la seule année 2025. Cette explosion des chiffres illustre la brutalisation extrême des conflits dans l’Est de la RDC, où le corps des femmes et des jeunes filles est systématiquement utilisé comme champ de bataille. Comment en est-on arrivé à une telle normalisation de l’horreur ?
Le document souligne par ailleurs que la détérioration du contexte sécuritaire s’accompagne de pressions accrues sur les acteurs de la société civile. Défenseurs des droits humains, journalistes et certains membres de l’opposition politique font face à un harcèlement constant, limitant leur capacité à documenter les abus et à porter assistance aux victimes. Cette stratégie d’étouffement des voix critiques compromet gravement tout mécanisme de redevabilité et laisse le champ libre aux auteurs de violations.
Face à cette hausse des violations droits humains Congo, le BCNUDH appelle à une action urgente et concertée. Ses recommandations insistent sur la nécessité de renforcer l’État de droit, de garantir l’accès à la justice pour les victimes et de mettre un terme à l’impunité dont bénéficient tant les groupes armés que certains agents de l’État. La protection des civils, particulièrement dans les zones en proie aux activités des groupes armés violations Est RDC, doit devenir une priorité absolue des opérations de sécurité. La communauté internationale est-elle prête à exercer des pressions suffisantes pour inverser cette courbe tragique ?
La publication de ce rapport intervient à un moment crucial pour la République démocratique du Congo. Alors que le pays tente de consolider ses institutions démocratiques, les chiffres présentés par le BCNUDH rappellent avec force que le chemin vers la paix et le respect des droits fondamentaux reste semé d’embûches. Les violations droits de l’homme RDC 2025 ne sont pas une simple statistique ; elles représentent des milliers de vies brisées, un tissu social déchiré et un avenir compromis. La réponse des autorités congolaises à ces conclusions sévères sera scrutée comme un test de leur engagement réel en faveur de la protection de leur population.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
