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CENI en retard : la feuille de route 2025-2029 non exécutée menace les élections de 2028 en RDC

À deux ans du prochain cycle électoral, la République démocratique du Congo fait face à un inquiétant retard dans les préparatifs des scrutins. La feuille de route 2025-2029 de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), document cadre essentiel pour baliser le chemin vers les élections combinées de 2028, souffre d’une non-exécution patente près d’une année après sa publication. Cette situation alarmante pousse la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (SYMOCEL) à tirer la sonnette d’alarme sur l’urgence de respecter la périodicité constitutionnelle.

Le coordonnateur de la SYMOCEL, Jean Claude Sady, a récemment exprimé ses vives préoccupations, interpellant l’ensemble des parties prenantes. « La Constitution de notre pays est formelle : après chaque cinq ans, en principe, on doit organiser les élections. Cela doit se faire de façon automatique », a-t-il souligné, pointant du doigt le manque de volonté politique comme principal frein. Comment expliquer qu’à ce stade, aucun geste fort n’ait été posé pour doter la CENI des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa propre planification ? Pour SYMOCEL, il est impératif que les acteurs politiques, la société civile et l’institution électorale se assoient rapidement autour d’une table pour dégager un consensus et relancer la machine électorale.

Les retards accumulés sont, en effet, tangibles et documentés. Selon un constat établi, plusieurs activités clés de la feuille de route CENI 2025-2029 n’ont tout simplement pas été exécutées. Entre avril et juin 2025, la mise à jour des cartographies opérationnelles était prévue, sans suite. Durant la même période, l’évaluation et la mise à jour des outils et logiciels pour la révision du fichier électoral sont restées lettre morte. Plus grave encore, les préparatifs pour l’identification et l’enrôlement des électeurs dans une province pilote, qui devaient s’étaler d’avril à septembre 2025, n’ont pas démarré. À l’heure où ces lignes sont écrites, l’identification des électeurs devrait déjà être en cours sur l’ensemble du territoire, conformément au calendrier initial. Or, force est de constater que le processus électoral Congo 2028 prend un retard préoccupant.

Cette inertie menace directement la tenue des élections dans les délais constitutionnels et rappelle le fâcheux précédent de 2016, où le pays avait connu un glissement de près de deux ans. Faut-il s’attendre à un nouveau report ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que le contexte sociopolitique actuel est marqué par de vives tensions. Des débats sur un éventuel dialogue national, une révision constitutionnelle ou la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est polarisent l’échiquier politique. Ces divergences, selon Jean Claude Sady, pourraient avoir des répercussions directes sur le calendrier. « C’est pourquoi nous pensons qu’il faut travailler dès maintenant à un consensus national autour de ces questions afin d’éviter que la situation ne se détériore », argumente-t-il. La SYMOCEL alerte calendrier électoral sur les risques de dérapage et plaide pour une action concertée.

Face à ce tableau, l’organisation citoyenne ne se contente pas d’observer. Elle annonce des campagnes de conscientisation et d’interpellation des responsables. Elle travaille également à traduire ses recommandations en une proposition de loi citoyenne qui sera soumise aux députés. L’objectif est clair : inscrire dans le marbre les mécanismes garantissant le respect du cycle électoral. Cependant, comme le reconnaît le coordonnateur de SYMOCEL, tout dépend in fine de la volonté politique. Les retards préparation élections RDC ne sont-ils pas le symptôme d’une plus grande crise de confiance dans les institutions ?

En l’absence de communications officielles rassurantes de la part de la CENI sur la relance des activités, l’inquiétude est légitime. Le président de l’institution, Dénis Kadima, avait pourtant marqué un temps fort en visitant l’entrepôt central de la CENI en mai 2025, juste après la publication de la feuille de route. Mais depuis, le silence et l’inaction semblent avoir pris le dessus. Le pays peut-il se permettre de jouer avec le feu démocratique que représente le non-respect de la périodicité des scrutins ? La balle est désormais dans le camp des décideurs. La crédibilité du processus électoral Congo 2028 et la stabilité du pays en dépendent. Il est plus que temps d’agir pour éviter que les retards préparation élections RDC ne se transforment en une crise institutionnelle majeure.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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