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Ituri : une adolescente blessée et des morts dans des affrontements à Plaine Savo

La tension reste extrême ce mardi autour du site de déplacés de Plaine Savo, en Ituri. À quelques kilomètres de Bule, ce refuge censé protéger des milliers de civils est devenu l’épicentre de violents affrontements. Les résidents, pris entre deux feux, décrivent une journée de terreur ponctuée de tirs nourris et d’incendies criminels. Une adolescente de 16 ans a été grièvement blessée par balle. Deux autres personnes, dont un homme âgé, auraient été tuées la veille dans des circonstances atroces. Leurs corps auraient été jetés dans des habitations en flammes. Comment une zone humanitaire peut-elle se transformer en champ de bataille ?

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les événements ont dégénéré lundi après l’infiltration de combattants du groupe armé Convention pour la révolution populaire (CRP). Ces miliciens se seraient déployés au cœur même du camp, déclenchant des échanges de tirs intenses avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). La confrontation aurait forcé les militaires à se replier vers la périphérie de la zone. Dans la panique, une débandade totale des familles déplacées a été observée. Les habitants, déjà traumatisés par des mois de conflit, ont fui sans savoir où trouver un abri sécurisé.

Les accusations contre les forces loyalistes sont lourdes. Des sources locales affirment que les FARDC ont répliqué de manière disproportionnée, visant des habitations civiles. Plusieurs cases ont été réduites en cendres. Au-delà des pertes humaines, ces actes semblent relever d’exactions condamnables. La présence confirmée de miliciens CRP Plaine Savo justifie-t-elle de telles méthodes ? La question hante les esprits et alimente un récit de plus en plus polarisé. Les déplacés de Bunia et des environs, qui avaient trouvé un semblant de sécurité à Plaine Savo, se retrouvent à nouveau plongés dans l’horreur.

La situation humanitaire sur place est décrite comme catastrophique. L’accès aux soins médicaux et à la nourriture est désormais rompu. Les organisations humanitaires, déjà en difficulté pour atteindre la zone, ont dû suspendre leurs activités. Les leaders communautaires alertent sur les risques d’une explosion de la mortalité due aux maladies et à la malnutrition. Une crise humanitaire Ituri d’une ampleur inédite se profile si un couloir sécurisé n’est pas rapidement établi. Les besoins en eau, en nourriture et en abris sont critiques pour ces populations doublement victimes.

Face à la recrudescence des violences et aux accusations, la hiérarchie militaire a réagi. Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri, a catégoriquement rejeté toute responsabilité des troupes régulières dans ces incidents. Selon lui, les allégations seraient une manipulation du groupe armé CRP. « Ces manipulateurs cherchent à maintenir les déplacés dans la détresse pour saper les efforts de paix », a-t-il déclaré. L’officier a condamné l’utilisation du site de déplacés comme bouclier humain par les miliciens, les accusant de provoquer délibérément la répression. Cette version des faits est-elle crédible au regard des témoignages accablants sur le terrain ?

Les affrontements Ituri de ces derniers jours rappellent la complexité et la brutalité du conflit dans cette province. La confusion entre combattants et civils rend toute opération militaire extrêmement périlleuse. Les FARDC Ituri exactions, si elles sont avérées, pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire. À l’inverse, la tactique des milices d’investir les camps de déplacés constitue un crime de guerre. La communauté internationale est une nouvelle fois interpellée. Quelles mesures concrètes seront prises pour protéger ces civils et rétablir un accès humanitaire vital ?

Le bilan de ces deux jours de violence reste provisoire. Les autorités locales promettent une enquête pour établir les circonstances exactes des décès et des destructions. Sur le terrain, la peur a installé son empire. Les déplacés, épuisés, attendent un signe d’apaisement qui ne vient pas. L’urgence est désormais d’éviter un nouvel embrasement qui pourrait engloutir toute la région. L’histoire récente de l’Ituri nous enseigne que le pire est toujours possible lorsque le dialogue et la protection des civils passent au second plan.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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