Nous, les chefs traditionnels, ne sommes pas seulement des gardiens de la coutume, nous sommes les piliers de la paix. Cet appel, lancé ce dimanche 8 mars à Fizi, résonne comme un cri du cœur pour une cohabitation pacifique. Pendant deux jours, du 7 au 8 mars, les autorités coutumières, administratives et sécuritaires se sont réunies pour discuter d’un thème vital : « L’apport des chefs coutumiers dans la consolidation de la paix et la réconciliation intercommunautaire ». Dans une région marquée par des divisions persistantes, cet engagement est plus qu’un symbole, c’est une nécessité.
Imaginez : 4 chefs de secteurs, 18 chefs de groupements et les responsables de 171 villages, tous assis ensemble, cherchant des solutions pour apaiser les tensions. L’administrateur du territoire, Samy Badibanga, a présidé cette rencontre, soulignant le rôle crucial des leaders traditionnels comme artisans de la paix. « J’ai appelé les chefs coutumiers à être des artisans de la paix dans leurs entités respectives », a-t-il déclaré. Un monument de la paix a même été inauguré, pierre angulaire d’un engagement collectif en faveur de l’harmonie.
Mais au-delà des discours, des mesures concrètes ont émergé. Parmi les recommandations phares, une idée simple mais puissante : encourager les mariages intercommunautaires. Pourquoi ? Parce que l’union des cœurs peut briser les barrières de la méfiance. Les autorités locales y voient un levier pour réduire les préjugés, favoriser la cohésion sociale et restaurer la confiance mutuelle. Dans un territoire où cohabitent Rega, Luba, Nyindu, Banyamulenge, Bembe, Fuliru, Bashi et Bajoba, chaque alliance devient un pont entre les communautés.
Pourtant, le chemin vers la paix est semé d’embûches. Fizi, comme d’autres régions du Sud-Kivu, a été secouée par des conflits intercommunautaires. La méfiance est ancrée, les blessures du passé sont encore vives. Comment alors transformer cette volonté de paix en réalité durable ? Les chefs traditionnels de Fizi, proches des populations, ont un rôle unique à jouer. Ils peuvent médier les différends, promouvoir le dialogue et incarner cet idéal de vivre-ensemble. L’administrateur Badibanga l’a rappelé avec force : « Cette rencontre était axée essentiellement sur la thématique de la consolidation de la paix et de la réconciliation intercommunautaire, gage de la cohabitation pacifique en cette période d’agression de notre territoire. »
Les participants espèrent que les résolutions de ces assises jetteront les bases d’une stabilité retrouvée. Dans un contexte sécuritaire fragile, chaque initiative locale compte. La promotion des mariages intercommunautaires en RDC, et particulièrement à Fizi, n’est pas une solution magique, mais elle s’attaque aux racines de la division : la peur de l’autre. En mariant leurs enfants, les familles tissent des liens indéfectibles, créant un réseau de solidarité qui dépasse les clivages ethniques. Est-ce là la clé pour une paix durable au Sud-Kivu ?
Et si c’était là la clé pour une paix durable à Fizi ? Les chefs traditionnels ont pris leurs responsabilités. Maintenant, il revient à chaque communauté de suivre le mouvement. Privilégier la paix et le dialogue, comme l’a insisté l’administrateur, n’est pas une option, c’est une condition sine qua non pour l’avenir du territoire. Les mariages intercommunautaires, soutenus par les autorités, pourraient bien être le ciment qui manquait à cette réconciliation. La cohabitation pacifique à Fizi se construira-t-elle ainsi, alliance après alliance ?
En conclusion, l’appel des chefs traditionnels de Fizi pour la paix intercommunautaire est un signal fort. Il montre que, malgré les difficultés, la volonté de construire un avenir commun existe. La route est longue, mais chaque pas compte. Et ce monument de la paix, désormais érigé, rappellera à tous que l’harmonie est possible quand les cœurs et les esprits se rencontrent. La réconciliation au Sud-Kivu passe par de tels engagements locaux. La paix à Fizi se construira-t-elle ainsi, alliance après alliance ? Seul l’engagement continu des communautés et de leurs leaders pourra le dire. L’initiative des chefs coutumiers ouvre une voie prometteuse pour la cohabitation pacifique dans cette partie de la République Démocratique du Congo.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
