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Bunia en guerre contre les nuisances sonores : le maire Mbuyi Kola lance un ultimatum

Le bruit assourdissant d’une discothèque voisine résonne dans son bureau, couvrant jusqu’au son de sa propre voix au téléphone. Eugénie Isole, opératrice dans une maison de transfert d’argent à Bunia, avoue être à bout de nerfs. « J’ai commis des erreurs de chiffres qui m’ont valu des réprimandes, tout ça à cause de cette musique qui ne s’arrête jamais. Le point de vente Canal+ à côté y va aussi de sa sono à plein volume. Comment voulez-vous vous concentrer ? » Son témoignage n’est pas isolé. À travers les quartiers de la capitale de l’Ituri, une cacophonie généralisée s’est installée, faisant de la pollution sonore RDC un problème de santé publique criant.

Face à ce fléau qui dure depuis des années, le maire Mbuyi Kola a décidé de durcir le ton. Le colonel Mbuyi Kola, autorité politico-administrative de la ville, a lancé un appel pressant à ses administrés : ils doivent désormais alerter systématiquement les services publics en cas de nuisances sonores Bunia. Cet appel fait suite au constat amer d’un non-respect persistant de son arrêté municipal. « Des équipes de la Police nationale sont déjà déployées sur le terrain afin d’identifier les contrevenants et procéder à la saisie du matériel sonore utilisé illégalement », a-t-il réitéré. Une véritable chasse aux décibels est donc ouverte.

Mais sur le terrain, le défi est de taille. Bars, discothèques, salles de cinéma, boîtes de nuit et même certaines églises de réveil continuent de faire vibrer leurs murs. L’arrêté municipal Bunia du 19 février 2026, qui interdit pourtant les nuisances sonores de jour comme de nuit, est allègrement ignoré. Des haut-parleurs géants crachent de la musique à longueur de journée, et souvent bien au-delà de minuit. Comment une telle situation a-t-elle pu s’ancrer aussi profondément dans le quotidien des Buniains ? L’impunité et la faiblesse des contrôles passés ont visiblement créé un climat où la loi du plus fort en décibels l’emporte sur le droit au repos.

Les conséquences sur la population sont lourdes. « Cela perturbe notre sommeil, nos enfants ne peuvent pas étudier en paix, et sur le lieu de travail, la concentration est impossible », déplore un habitant du quartier Bankoko. Le bruit Ituri n’est plus une simple gêne passagère ; il ronge la santé mentale et la productivité de milliers de personnes. Dans une société déjà éprouvée par divers défis, cette agression sensorielle permanente ajoute une couche de stress et de fatigue chronique. Quel prix une communauté doit-elle payer pour le divertissement de quelques-uns ?

L’initiative du maire Mbuyi Kola est donc saluée, mais elle suscite aussi des doutes. Les services publics auront-ils les moyens et la détermination nécessaires pour traiter toutes les alertes ? La saisie du matériel sera-t-elle suffisante pour dissuader des établissements souvent florissants ? La bataille contre le bruit Ituri est aussi une bataille culturelle, qui nécessite de sensibiliser les propriétaires de débits de boisson, les responsables religieux et les commerçants sur les impacts de leurs activités. Est-il normal que le développement économique ou l’animation spirituelle se fassent au détriment du bien-être collectif ?

En définitive, la lutte contre les nuisances sonores Bunia dépasse la simple application d’un règlement. Elle interroge la capacité de la ville à garantir à chacun un environnement sain et pacifique, un droit fondamental trop souvent bafoué. Le succès de cette opération dépendra de la mobilisation conjointe des autorités, des forces de l’ordre et des citoyens. Si l’arrêté municipal Bunia devient enfin une réalité audible – par son silence –, ce sera une victoire pour la santé publique et la qualité de vie à Bunia. L’espoir est désormais permis de voir les rues retrouver non pas le silence, mais la paix sonore à laquelle chaque habitant aspire légitimement.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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