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RDC : Kinshasa concentre 65,2% des dépôts bancaires, révèle la Banque centrale

Une note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC), analysant la période du 13 au 20 février 2026, jette une lumière crue sur les profondes disparités géographiques du système financier congolais. Le constat est sans appel : à fin décembre 2025, pas moins de 65,2% de l’ensemble des dépôts bancaires en RDC étaient concentrés dans la seule ville de Kinshasa. Cette hyperconcentration de la richesse financière dans la capitale dessine une carte économique où le Haut-Katanga arrive loin derrière (22,9%), suivi du Lualaba (4,0%) et du Nord-Kivu (2,7%). Une telle asymétrie interroge la résilience et l’inclusion du système financier congolais dans son ensemble.

Sur un plan plus global, l’encours total des dépôts a atteint 16.241,1 millions de dollars, affichant une progression mensuelle de 3,4% et une croissance annuelle robuste de 10,2%. Ce dynamisme est principalement porté par la confiance renouvelée des agents économiques, matérialisée par l’augmentation des dépôts en dollars des ménages et des entreprises privées. Qui détient ces liquidités ? Les ménages restent les principaux déposants (35,8%), talonnés de près par les entreprises privées (31,8%). Du point de vue sectoriel, la structure des dépôts révèle la prééminence des « autres secteurs » hors administration publique (39,2%), du commerce (21,7%) et, de manière significative, de l’industrie extractive (14,5%). Cette dernière, pilier traditionnel de l’économie nationale, continue d’alimenter significativement les comptes bancaires, même si sa contribution aux dépôts ne reflète pas nécessairement une diffusion large de la richesse générée.

En parallèle, le volume des crédits bancaires au Congo montre une vitalité encore plus marquée. Les crédits bruts se sont établis à 10.266,3 millions de dollars, en hausse de 2,5% sur un mois et, plus spectaculaire, de 20,2% sur un an. Cette expansion vigoureuse du crédit, véritable oxygène pour l’économie réelle, s’explique principalement par l’engagement accru des banques envers les PME et les administrations publiques centrales. Cette tendance est-elle le signe d’un réveil du financement productif ? La ventilation par monnaie apporte un éclairage nuancé : tandis que les crédits libellés en devises ont progressé de 2,5%, ceux en monnaie nationale ont reculé de 1,7%, reflétant peut-être une préférence pour le dollar dans un contexte de financement à plus long terme ou de projets d’envergure.

Derrières ces chiffres, quelle est l’architecture du paysage financier ? Le système financier formel congolais compte 287 institutions, un écosystème diversifié mais dominé par le secteur bancaire. Celui-ci, avec 14 banques en activité et un réseau de 445 points de service, détient à lui seul 97% des actifs totaux. Cette prédominance souligne le rôle central des banques, mais aussi la marge de progression colossale pour les autres acteurs. Le secteur de la microfinance, par exemple, bien que composé de 101 institutions, ne pèse qu’environ 3% des actifs. Sa géographie est elle aussi révélatrice d’une concentration, avec près de 70% de ces structures situées dans trois provinces seulement : Kinshasa, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Cette situation pose inévitablement la question des équilibres régionaux et de l’accès au financement. Une telle concentration des dépôts à Kinshasa signifie-t-elle que les capitaux collectés dans les provinces minières du Sud-Est sont finalement recyclés vers la capitale, au détriment du financement local de l’économie ? La forte croissance des crédits, si elle est une bonne nouvelle, ne doit pas masquer les défis structurels. L’étroitesse de l’intermédiation financière dans la plupart des provinces freine le développement d’initiatives entrepreneuriales et limite l’impact des politiques monétaires. Pour la Banque centrale du Congo, gouverner la politique monétaire dans un système aussi concentré et dual (devises/monnaie nationale) relève d’un véritable défi. L’enjeu futur sera de favoriser une déconcentration géographique des activités financières et une plus grande inclusion, pour que la croissance du secteur se traduise par un développement économique harmonieux et équilibré sur l’ensemble du territoire national.

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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