Imaginez devoir parcourir des kilomètres chaque jour pour remplir quelques bidons d’eau, une ressource si essentielle et pourtant si rare. À Kabinda, chef-lieu de la province de Lomami en République démocratique du Congo, cette scène était monnaie courante pour de nombreux ménages. Mais aujourd’hui, un vent d’espoir souffle sur la ville. La Régie de distribution d’eau (REGIDESO) vient d’équiper son centre secondaire de deux groupes électropompes neufs, promettant une amélioration significative de la production et de la distribution d’eau potable.
Cette dotation, saluée par les autorités locales, répond à une demande croissante des populations. Les responsables techniques de la REGIDESO l’assurent : ces équipements de pointe vont augmenter la capacité de pompage et assurer une desserte plus régulière. Pour une ville qui a longtemps souffert de pénuries, c’est une lueur au bout du tunnel. La distribution d’eau en RDC est un chantier immense, et chaque progrès local compte. Comment ces groupes électropompes vont-ils transformer le quotidien des habitants de Kabinda ?
« C’est une dotation déterminante », confie Habacuc Kiabu Mulenda, chef du centre secondaire REGIDESO de Kabinda. Le soulagement est palpable dans sa voix. « Nous remercions la hiérarchie nationale pour cet appui qui va nous permettre d’optimiser la production. » Pour lui, ces groupes électropompes représentent bien plus que du matériel ; ils incarnent un pas vers un service public digne de ce nom. Mais le chemin reste long, et les défis techniques ne sont pas les seuls à surmonter.
Dans une région où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur, cette initiative de la REGIDESO est cruciale. Elle touche à la santé publique, à l’hygiène, et même à la dignité des habitants. Les femmes et les enfants, souvent chargés de la corvée d’eau, pourront consacrer leur temps à d’autres activités. Mais au-delà de l’équipement, c’est toute la chaîne de distribution qui doit être repensée. La REGIDESO Kabinda pourra-t-elle maintenir cette dynamique ? La question du civisme fiscal se pose avec acuité, car sans recettes, même le matériel le plus performant finit par tomber en panne.
En effet, Habacuc Kiabu Mulenda lance un appel pressant aux abonnés : le paiement régulier des factures est indispensable pour garantir le fonctionnement et l’entretien de ce nouveau matériel. La REGIDESO prévient que des mesures de coupure seront appliquées aux abonnés insolvables, conformément à la réglementation. Un avertissement qui rappelle que la viabilité du service dépend aussi de la contribution des usagers. Dans un contexte où la confiance envers les services publics est parfois érodée, cet appel au civisme fiscal est un test pour la coresponsabilité entre l’État et les citoyens. Les ménages de Lomami seront-ils prêts à payer pour une eau potable enfin accessible ?
L’arrivée de ces groupes électropompes à Kabinda est donc une bonne nouvelle, mais elle n’est qu’une étape. Elle met en lumière les enjeux plus larges de la distribution d’eau en RDC : nécessité d’investissements durables, importance de la maintenance, et engagement de la population. Si les ménages de Lomami voient enfin couler l’eau potable de manière régulière, cela pourrait redonner foi en l’action publique. Mais gare aux espoirs déçus si les recettes ne suivent pas. La REGIDESO a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Seul l’avenir le dira, mais pour l’instant, Kabinda respire un peu mieux, et chaque goutte d’eau compte.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
