À l’arrêt Kintambo‑Magasin, ce mardi 28 avril 2026, l’atmosphère est électrique. Les Kinois attendent, impatients, le bus qui les mènera à destination. Mais avant même de monter à bord, une nouvelle épreuve les attend : le prix du transport Kinshasa vient de grimper. Ce n’est pas une première. Depuis des mois, les tarifs bus Kinshasa ne cessent de fluctuer, au gré des embouteillages, de la pluie ou de la rareté des véhicules. Une situation qui transforme chaque trajet en véritable parcours du combattant pour des milliers d’habitants de la capitale.
Le scénario est presque toujours le même. Le matin, pour se rendre à l’UPN depuis Kintambo, le tarif oscillait encore entre 1 000 et 1 500 francs congolais. Mais dès la fin d’après‑midi, lorsque la circulation devient infernale, les prix explosent : 3 000, 4 000 francs, voire davantage, avant même d’avoir posé un pied dans le véhicule. Les chauffeurs et leurs receveurs fixent le tarif de leur choix, sans aucun cadre réglementaire. La foule proteste, mais finit par céder, épuisée par la fatigue et la peur de rentrer tard. Comment planifier son budget quand le prix du transport peut doubler en une heure ?
« Ils jouent avec le climat », s’indigne une passagère croisée à l’arrêt. « Dès qu’il pleut, ils augmentent le prix. Ils te demandent l’argent avant de monter, puis quand il y a les embouteillages et que l’heure avance, tu es obligé de descendre pour prendre une moto. L’argent donné ne sera jamais remboursé. Il faut encore payer pour arriver chez soi. Il n’y a pas de solution. » Ce témoignage illustre le désarroi des Kinois transport, pris en étau entre des tarifs abusifs et un service défaillant.
Les embouteillages Kinshasa, légendaires, sont l’un des principaux carburants de cette hausse. Mais d’autres facteurs entrent en jeu : la rareté des bus, accentuée par le contrôle technique en cours initié par l’Hôtel de Ville, réduit encore l’offre. Moins de véhicules sur la route, plus de pression sur les usagers. Le prix du transport Kinshasa devient alors un baromètre de l’angoisse urbaine.
De leur côté, les chauffeurs rejettent l’accusation de spéculation. « Fixer le prix à 1 500 FC dans les embouteillages, c’est une perte de temps et de carburant », explique l’un d’eux. « Le prix du transport est fixé par heure. Partout à Kinshasa, il n’y a pas de tarif officiel respecté. Nous demandons l’argent avant pour empêcher les hommes en uniforme de monter sans payer. » Il pointe aussi la responsabilité de l’État : absence de bus publics en nombre suffisant, routes dégradées, coût élevé du carburant. « Que l’État arrange les routes et baisse le prix du carburant, le prix de la course baissera aussi », insiste‑t‑il.
Cette situation n’est pas seulement une question de transport ; elle révèle l’abandon des pouvoirs publics face à la précarité urbaine. Les experts estiment qu’en l’absence d’un cadre clair de régulation, les usagers se sentent abandonnés, tandis que chauffeurs et receveurs imposent leur loi. Le trajet domicile‑travail est devenu le moment le plus stressant et le plus coûteux de la journée pour de nombreux habitants de Kinshasa. Entre files interminables, tarifs imprévisibles et fatigue accumulée, le quotidien des Kinois se transforme en lutte permanente.
Les autorités locales ont‑elles pris la mesure de cette crise ? Les annonces se succèdent, mais les solutions tardent à venir. En attendant, les Kinois continuent de subir une double peine : des tarifs bus Kinshasa gonflés par la spéculation et une absence criante de transport public digne de ce nom. Une situation qui ne fait qu’accentuer le malaise social dans la capitale congolaise, où la mobilité est devenue un luxe pour beaucoup.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
