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Secteur minier : percée à Lubumbashi sur la taxation et l’exportation du cobalt

Une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la gouvernance du secteur minier congolais, pilier essentiel de l’économie nationale. À Lubumbashi, le gouvernement et les capitaines d’industrie ont conclu, mercredi, des avancées concrètes à l’issue de la deuxième session du Cadre de concertation permanente. Cette rencontre, initiée par la Chambre des Mines, a abouti à des décisions structurantes concernant la fiscalité et les procédures d’exportation, deux sujets majeurs qui pesaient sur la compétitivité du secteur.

Au cœur des discussions, la taxation des métaux accompagnateurs et des sous-produits, un dossier épineux source de tensions récurrentes. Les parties se sont accordées pour mettre en place une commission dédiée. Son mandat ? Trouver un terrain d’entente équitable et prévisible sur ce régime fiscal spécifique, dans le but d’apaiser le climat des affaires et de sécuriser les investissements à long terme. Cette initiative témoigne d’une volonté partagée de clarifier les règles du jeu, condition sine qua non pour attirer et retenir les capitaux dans un contexte globalisé.

Parallèlement, une autre mesure attendue a été annoncée : la signature imminente d’une circulaire interministérielle entre les ministères des Mines et des Finances. Cet acte administratif vise à clarifier et alléger la procédure d’exportation du cobalt, dont la RDC est le premier producteur mondial avec plus de 70% de l’offre. Pour les entreprises, cette formalisation est un signal fort. Elle promet de fluidifier les chaînes logistiques, de renforcer la transparence et la traçabilité des exportations, et in fine, d’huiler une machine devenue trop lourde. La Chambre des Mines, consultée en amont, a salué cette décision, y voyant un pas vers une administration plus efficiente.

Mais au-delà de ces avancées techniques, le dialogue a aussi porté sur des enjeux de fond. La question de la participation de 5% des employés au capital des entreprises sera examinée par une commission spécifique. Plus encore, la sécurité juridique a été placée au centre des débats. Le président de la Chambre des Mines, Kassongo Bin Nassor, a rappelé avec force l’impérieuse nécessité de maintenir le Code minier comme socle fondamental, dénonçant les interventions administratives multiples qui « créent la confusion et fragilisent la sécurité juridique ». Dans un secteur où les projets nécessitent des engagements financiers colossaux sur des décennies, cette prévisibilité est le carburant de la confiance.

Face à ces préoccupations légitimes des investisseurs, le ministre des Mines, Louis Watum, a adopté un ton équilibré mais ferme. Tout en promettant de répondre positivement aux doléances, il a rappelé le principe de l’autorité de l’État et la non-négociabilité du respect de la loi. Les manquements, notamment environnementaux, ont été pointés du doigt. Le ministre a révélé un taux de conformité alarmant de seulement 2% parmi les entreprises sollicitées, justifiant ainsi le renforcement des contrôles. « La sécurité, la protection de l’environnement et la responsabilité sociale ne sont pas des options », a-t-il martelé, signifiant la détermination des autorités à imposer des standards plus stricts.

Cet accord entre le gouvernement et les miniers survient dans un contexte économique crucial. Entre 2020 et 2024, le secteur minier congolais a généré près de 33 milliards de dollars de revenus, représentant plus de 95% des exportations et près de 47% des recettes publiques. Il est le véritable accélérateur de la croissance nationale. Cependant, des défis persistent, comme l’a illustré le moratoire sur les exportations de cobalt en 2025, dont l’impact a pesé sur les recettes. Les décisions de Lubumbashi visent précisément à créer un écosystème plus stable pour maximiser cette manne financière.

En définitive, cette session du Cadre de concertation a démontré l’utilité d’un dialogue direct et franc. Si des divergences subsistent, la création de commissions techniques et l’engagement à clarifier les procédures marquent une avancée tangible. L’objectif commun est de transformer la richesse du sous-sol en un levier de développement effectif pour les populations et l’économie nationale. La balle est maintenant dans le camp des commissions qui devront traduire ces intentions en textes clairs et applicables. L’avenir de la compétitivité minière congolaise en dépend.

Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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