Près de six mois après son lancement officiel en septembre 2025, le projet phare « Proxis-Marché Péné Péné » de la Chambre de Commerce, d’Industries et de Services (CCIS-RDC) affiche des progrès substantiels, selon les déclarations de son président, Jean-Robert Isifua Bokumbe. Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’institution dans la commune de la Gombe à Kinshasa, ce dernier a dévoilé une feuille de route consolidée et des engagements financiers concrets, évaluant l’enveloppe globale du projet à plus de 100 millions de dollars américains sur ses trois phases de déploiement. Un signal fort dans le paysage économique congolais, où la modernisation des marchés RDC représente un défi de taille mais aussi un levier de croissance incontournable.
Comment ce projet structurant entend-il transformer le quotidien de milliers de commerçants ? La réponse réside dans son ambition fondamentale : ériger les marchés de proximité Kinshasa et, à terme, ceux d’autres grandes villes, en espaces modernes, sécurisés et organisés. Il ne s’agit pas d’une simple rénovation, mais d’une refonte complète du modèle. Le CCIS-RDC projet se positionne comme un cadre de formalisation du petit commerce, visant à redonner de la dignité aux mamans vendeuses, aux jeunes entrepreneurs et aux petits opérateurs souvent contraints d’évoluer dans des conditions précaires. Cette initiative citoyenne et entrepreneuriale pourrait générer des créations d’emplois massives, dynamisant en profondeur l’économie locale.
Sur le plan financier, le chantier est colossal mais semble désormais engagé sur des bases solides. Jean-Robert Isifua Bokumbe a indiqué que des promesses de financement substantielles avaient été obtenues auprès de partenaires séduits par le caractère innovant du concept. La première phase, dont les travaux pourraient démarrer avant la fin de l’année 2026, nécessitera une mobilisation de ressources comprises entre 10 et 50 millions de dollars. « Les engagements actuels nous permettent de considérer cet objectif comme atteignable », a-t-il affirmé, soulignant la faisabilité du calendrier. Pour crédibiliser davantage sa démarche et rassurer les investisseurs, la CCIS-RDC a fait appel à un cabinet d’audit international de renom. Ce dernier a procédé à une analyse rigoureuse du modèle économique, identifiant les forces, les contraintes et les opportunités stratégiques, tout en établissant les premières matrices financières et scénarios opérationnels. Cette étape d’audit externe constitue un gage de transparence et de professionnalisme, essentiel pour attirer les capitaux nécessaires.
Les conséquences économiques de la matérialisation de Proxis-Marché Péné Péné seraient multiples. En structurant et en équipant ces lieux d’échange selon des normes strictes d’hygiène et de sécurité, le projet créerait un environnement propice à une activité commerciale accrue et à une meilleure valorisation des produits locaux. Imaginez des espaces où les denrées périssables seraient conservées dans des conditions optimales, où la circulation des biens et des personnes serait fluidifiée, et où les transactions seraient sécurisées. Un tel saut qualitatif aurait un impact direct sur le chiffre d’affaires des commerçants, sur la santé publique et sur l’attractivité de ces pôles économiques de quartier. C’est tout l’écosystème informel qui serait progressivement intégré dans un circuit plus formel, avec des retombées fiscales potentielles pour les collectivités.
Toutefois, la réussite de cette ambition dépend d’une mobilisation collective. La CCIS-RDC a lancé un appel vibrant aux banques, aux compagnies d’assurances, aux opérateurs privés, aux institutions publiques et aux organisations internationales. Le défi du financement de l’économie locale passe par ce type de partenariats public-privé innovants. Sans un soutien financier et technique large, la transformation des marchés congolais resterait à l’état de vœu pieux. Les initiateurs du projet misent sur son caractère fédérateur et sur ses retombées sociales évidentes pour convaincre les derniers sceptiques.
À l’heure où la RDC cherche à diversifier les moteurs de sa croissance au-delà du secteur extractif, le projet de modernisation des marchés RDC incarne une piste concrète de développement endogène. En offrant aux petits commerçants des « espaces de travail modernes et dignes », il touche à l’essence même de l’économie populaire, qui fait vivre une large majorité de la population. Si les promesses de financement se concrétisent et que la première phase voit le jour d’ici fin 2026, Proxis-Marché Péné Péné pourrait bien devenir un modèle réplicable à l’échelle nationale, démontrant que l’innovation au service du commerce de proximité est un investissement rentable, tant sur le plan économique que social. L’avenir nous dira si cette feuille de route ambitieuse résistera aux contraintes du terrain, mais les premiers jalons posés par la CCIS-RDC inspirent un optimisme mesuré.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
