Alors que le Conseil National du Travail (CNT) a clos ses travaux le 20 février dernier, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) interpelle le gouvernement sur la mise en œuvre du deuxième palier du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). Le patronat congolais réclame une application progressive de cette hausse salariale, arguant de la nécessité de préserver la santé financière des entreprises et l’outil industriel national. Cette prise de position, exprimée par John Mwenda, chargé de la Cellule du Conseil national travail à la FEC, ouvre un nouveau chapitre dans les négociations sociales en République Démocratique du Congo.
Pour la FEC, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, bien que nécessaire, ne doit pas compromettre la survie des entreprises. Le patronat estime qu’une application immédiate et brutale du nouveau barème pourrait fragiliser de nombreux employeurs, déjà confrontés à un contexte économique marqué par l’inflation et des difficultés d’approvisionnement. « Cette politique d’échelonnement permettra aux employeurs d’amortir non seulement la charge salariale supplémentaire, mais également de préserver le tissu industriel du pays », a expliqué John Mwenda lors d’un entretien exclusif accordé à Radio Okapi. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement maintient la pression pour un relèvement du SMIG à 21 500 francs congolais par jour, une mesure destinée à contrer la dépréciation du pouvoir d’achat.
Face aux demandes du patronat, l’exécutif congolais affiche une ferme détermination à relever le pouvoir d’achat des travailleurs. Le gouvernement exige désormais l’application d’un SMIG fixé à 21 500 francs congolais par jour, un montant qui représente une augmentation significative par rapport au précédent barème. Cette volonté politique s’inscrit dans un contexte de tensions sociales récurrentes, où la question salariale est au cœur des préoccupations. Toutefois, la conciliation entre justice sociale et viabilité économique reste un défi de taille, nécessitant des discussions approfondies entre les partenaires sociaux.
Comment, en effet, concilier l’impératif d’amélioration du niveau de vie des travailleurs avec la préservation de la compétitivité des entreprises congolaises ? La réponse réside peut-être dans la recherche d’un calendrier d’application réaliste, tenant compte des spécificités sectorielles. Le Conseil National du Travail, instance tripartite par excellence, devra trancher cette épineuse question dans les prochaines semaines. Les syndicats, quant à eux, plaident pour une application rapide de la hausse, mettant en avant la détresse des ménages face à la flambée des prix. La balle est donc dans le camp des négociateurs, qui devront trouver un terrain d’entente équilibré.
À l’heure où l’économie congolaise cherche à se consolider, la gestion du dossier du SMIG sera un test crucial pour le dialogue social. Si la progressivité réclamée par la FEC peut offrir une bouffée d’oxygène aux entreprises, elle ne saurait être un prétexte pour différer indéfiniment l’amélioration des conditions salariales. L’équilibre entre protection des travailleurs et soutien au secteur privé sera le garant d’une croissance inclusive et durable. Les prochaines décisions du Conseil National du Travail seront donc scrutées à la loupe, car elles dessineront le paysage socio-économique de la RDC pour les mois à venir.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
