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ADF Ituri : l’économie de l’Irumu étranglée par la terreur

La situation sécuritaire dans le sud du territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, a atteint un point de rupture. Les attaques incessantes attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) ne se contentent plus de semer la mort. Elles asphyxient méthodiquement l’économie locale, plongeant des milliers de civils dans une précarité extrême et faisant planer le spectre d’une famine.

Le secteur agricole, pilier de la subsistance dans cette région, est le premier à avoir été frappé de plein fouet. Dans des zones comme Bandavilemba, les champs autrefois verdoyants sont désormais désertés. La peur d’une attaque surprise a chassé les paysans de leurs terres. Ceux qui osent encore braver le danger le font au péril de leur vie, cultivant sous la menace permanente des rebelles ADF. La production de cultures vivrières, notamment de haricots, s’est effondrée. Mais à quoi bon récolter si aucun circuit commercial ne permet d’écouler la marchandise ? Cette question hante les rares agriculteurs qui persistent. L’insécurité Irumu a rompu le lien essentiel entre le producteur et le consommateur, créant un cercle vicieux de pauvreté.

Les conséquences de cette paralysie agricole se répercutent directement sur le commerce. Les attaques sanglantes, comme celle survenue récemment au village de Butani où des motos ont été incendiées et des civils violentés, instillent un climat de terreur permanente. Les opérateurs économiques, même les plus petits détaillants, hésitent désormais à investir ou à maintenir leur activité. Pourquoi ouvrir sa boutique si les clients, terrorisés, n’osent plus sortir ? Pourquoi stocker des marchandises si le risque de pillage est omniprésent ?

Les témoignages sur le terrain sont unanimes et dressent un constat d’effondrement. Les points de vente ferment les uns après les autres ou fonctionnent au ralenti. Le pouvoir d’achat, déjà faible, s’évapore car les agriculteurs n’ont plus de revenus. Les rebelles ADF en RDC ne mènent donc pas seulement une guerre militaire ; ils conduisent une stratégie de déstabilisation économique et sociale. En ciblant les civils et leurs moyens de subsistance, ils cherchent à créer un terreau fertile pour le désespoir et le chaos.

Cette crise économique Ituri, directement induite par l’insécurité, ouvre la voie à une catastrophe humanitaire. Avec l’agriculture à l’arrêt et les échanges commerciaux paralysés, l’accès à la nourriture devient un défi quotidien pour les populations. Les réserves s’épuisent, et les prix, s’il reste des denrées à vendre, flambent. Comment une région autrefois fertile peut-elle basculer aussi rapidement vers l’insécurité alimentaire ? La réponse réside dans l’incapacité des paysans à cultiver et dans la rupture totale des circuits d’approvisionnement.

Les activistes locaux, comme Christophe Munyanderu, tirent la sonnette d’alarme. La combinaison de la peur, de la fermeture des commerces et de l’effondrement de la production agricole crée une tempête parfaite. Les ADF Ituri attaques ont un impact bien plus profond que le simple bilan des violences directes. Elles détruisent le tissu économique, condamnant des communautés entières à la dépendance à l’aide humanitaire, elle-même rendue difficile d’accès par l’insécurité.

Face à ce tableau sombre, les interrogations sont nombreuses. Comment briser ce cycle infernal où l’insécurité tue l’économie et où la misère nourrit à son tour l’instabilité ? Les interventions militaires ponctuelles semblent insuffisantes pour rétablir la confiance nécessaire à la relance des activités. Les populations de l’Irumu sont prises en étau entre la menace des groupes armés et la lutte désespérée pour leur survie économique. La stabilisation de la région passera inévitablement par la sécurisation des zones agricoles et des axes commerciaux, sans quoi la crise alimentaire ne sera qu’une sinistre confirmation des pires scénarios.

L’agriculture Ituri insécurité est désormais le symbole de l’échec à protéger les civils. La communauté internationale et les autorités nationales sont-elles à l’écoute de cet effondrement silencieux, moins médiatisé que les assauts directs, mais tout aussi dévastateur ? L’avenir de toute une région se joue aujourd’hui dans ces champs abandonnés et ces marchés déserts du sud de l’Irumu.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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