AccueilActualitéSecuritéSud-Kivu : belligérants bloquent l'aide humanitaire et frappent par drones, HRW alerte

Sud-Kivu : belligérants bloquent l’aide humanitaire et frappent par drones, HRW alerte

Une crise humanitaire aiguë se déroule dans l’ombre des combats. Dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, les populations civiles sont prises au piège. D’un côté, les affrontements s’intensifient. De l’autre, l’accès à l’aide vitale est systématiquement entravé. Selon un rapport accablant de l’ONG Human Rights Watch publié ce mercredi, les Forces armées de la RDC (FARDC) et plusieurs groupes armés actifs dans la région sont responsables de ces blocages. Ils empêchent délibérément l’acheminement de l’aide et la fuite des civils des zones de combat.

Cette situation transforme une zone déjà enclavée en une prison à ciel ouvert. La chercheuse principale de Human Rights Watch pour la région des Grands Lacs, Clémentine de Montjoye, ne mâche pas ses mots. “Les civils dans les hauts plateaux du Sud-Kivu vivent dans la peur d’exactions commises par toutes les parties au conflit”, dénonce-t-elle. Le conflit Sud-Kivu, pourtant largement sous-médiatisé, produit des conséquences humanitaires d’une ampleur catastrophique. Comment en est-on arrivé là ? La réponse se niche dans un enchevêtrement de facteurs sécuritaires et politiques.

La détérioration est flagrante depuis le retrait complet de la mission de l’ONU, la MONUSCO, en juin 2024. Son départ, acté par un accord entre Kinshasa et les Nations Unies, a laissé un vide sécuritaire. Les groupes armés en ont profité pour étendre leur emprise. Les infrastructures de télécommunication, quasiment inexistantes, isolent un peu plus les communautés. Cette coupure du monde extérieur rend la documentation des abus extrêmement difficile, favorisant l’impunité.

Au cœur de cette crise, l’accès humanitaire bloqué constitue une violation flagrante du droit international. Les Nations unies avaient déjà qualifié ces restrictions de “graves”. Les territoires de Fizi, Mwenga et Uvira sont particulièrement touchés. Les organisations humanitaires se heurtent à des barrages, des menaces et des interdictions de circuler. Pour les civils, l’option de fuir devient elle-même un parcours du combattant. Les belligérants ferment les routes, piégeant les populations entre les lignes de front.

La dimension du conflit a évolué, intégrant une technologie de guerre inquiétante. Human Rights Watch rapporte des informations crédibles sur au moins huit frappes de drones survenues entre janvier et mars 2026 dans le Sud-Kivu. Les données du projet ACLED confirment une augmentation notable de ces attaques aériennes depuis novembre 2025. Ces frappes drones Sud-Kivu ajoutent une couche de terreur à un environnement déjà extrêmement violent, ciblant souvent des zones où des civils sont présents.

Face à cette escalade, l’ONG lance un appel pressant au Conseil de sécurité des Nations Unies, qui se réunissait justement ce 15 avril pour évoquer la situation en RDC. Les mesures demandées sont claires : garantir un accès humanitaire sans entrave, assurer le passage sécurisé des civils hors des zones de combat, et envisager des sanctions ciblées contre les commandants impliqués dans ces abus. L’inaction aurait un coût humain inacceptable.

Les chiffres, eux, donnent la mesure du drame. Le Sud-Kivu est aujourd’hui l’épicentre de la crise des déplacés internes en RDC. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), la province abrite à elle seule environ 2,4 millions de déplacés internes. Cela représente près de 44% du total national, estimé à plus de 5,61 millions de personnes. Ces déplacés internes RDC survivent dans des conditions précaires, dépendant entièrement d’une aide qu’ils ne peuvent souvent pas recevoir.

Le rapport de Human Rights Watch RDC sert de signal d’alarme strident. Il met en lumière un conflit qui bruisse en sourdine loin des projecteurs médiatiques, mais dont les répercussions sont dévastatrices. La communauté internationale est sommée de regarder. Sans une attention et une action immédiates, la situation dans les hauts plateaux risque de sombrer dans une catastrophe encore plus profonde. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Les civils du Sud-Kivu, eux, n’ont plus le temps d’attendre.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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