Dans une intervention médiatique retentissante, le président de la Coalition gauche congolaise (CGC), Jean-Marc Kabund, a lancé un avertissement politique de grande ampleur. Invité sur la chaîne internationale France 24, l’opposant a catégoriquement affirmé que le président Félix Tshisekedi ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections RDC 2028. Cette déclaration, qui s’apparente à une véritable mise en garde, s’inscrit dans un climat politique déjà tendu et ouvre un débat crucial sur l’avenir démocratique du pays. Mais sur quoi se fonde une telle affirmation, et quelles en sont les implications pour la stabilité nationale ?
Jean-Marc Kabund a centré son propos sur la nécessité impérieuse de préparer une alternance démocratique pacifique et crédible. Pour le leader de la gauche congolaise, le mandat actuel du président Tshisekedi doit être le dernier, et toute tentative de report des scrutins serait inacceptable pour sa formation politique. « Il est temps d’ouvrir un vrai débat sur l’alternance démocratique en République démocratique du Congo », a-t-il martelé, appelant ainsi à une réflexion collective sur l’après-2023. Cette position ferme interroge directement les intentions du camp présidentiel et place la question de la succession au cœur de l’agenda politique national pour les prochaines années.
Au-delà de la scène politique intérieure, l’opposant a virulemment critiqué la gestion gouvernementale de la crise sécuritaire qui ravage l’Est du pays. Accusant l’exécutif de réduire un problème complexe à la seule question du Mouvement du 23 Mars (M23), Kabund a dénoncé une vision tronquée de la réalité. « Le gouvernement tente de faire croire au peuple congolais que la seule crise à l’Est de la RDC se résume au M23. C’est faux », a-t-il déclaré avec force. Selon lui, la situation implique une myriade de groupes armés, dont les redoutables Forces démocratiques alliées (ADF), et exige une approche stratégique bien plus globale et cohérente.
La critique s’est faite plus cinglante encore lorsque Jean-Marc Kabund a évoqué ce qu’il qualifie d’« occupation flagrante » de villes et territoires stratégiques par une armée étrangère. Pointant du doigt les forces rwandaises, il a affirmé que la présence de celles-ci à Bukavu, Goma et ailleurs constituait la preuve irréfutable d’un échec cuisant de la part du président Tshisekedi. Un échec à honorer, selon ses termes, le serment constitutionnel solennel de sauvegarder l’intégrité territoriale de la nation. Ces accusations graves résonnent avec une acuité particulière dans les provinces orientales, où les populations civiles paient un tribut quotidien à l’insécurité.
Mais quelle est la véritable portée de ces déclarations dans le paysage politique congolais ? Elles surviennent en effet dans un contexte de fortes tensions, où la question de la sécurité Est Congo est devenue un baromètre de la légitimité gouvernementale. Pour Kabund, la gestion de ce dossier sécuritaire est si déficiente qu’elle devrait invalider toute velléité de réélection. « Accorder une prime à un tel fiasco serait non seulement une insulte à la mémoire des victimes, mais une invitation à la perpétuation du chaos », a-t-il conclu, usant d’une rhétorique aussi percutante que provocatrice. Cette analogie entre performance sécuritaire et droit à gouverner pourrait bien définir les lignes de fracture de la prochaine campagne électorale.
L’intervention de Jean-Marc Kabund pose donc des jalons essentiels pour les débats à venir. Elle place la Coalition gauche congolaise en ordre de bataille pour les élections RDC 2028, tout en établissant un cadre narratif où la défense de la souveraineté nationale et l’échec supposé du président sortant sont indissociables. La balle est désormais dans le camp de l’Alliance de la Majorité Présidentielle et de Félix Tshisekedi lui-même, qui devront répondre à ces attaques frontales. L’alternance démocratique est-elle réellement en péril, ou ces déclarations ne sont-elles que le prélude à une campagne électorale des plus agitées ? Seul l’avenir immédiat nous le dira, mais une chose est certaine : le paysage politique congolais vient de connaître une secousse significative.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
