La province de l’Équateur vient de tourner une page cruciale de son histoire aéronautique. Samedi 21 février, le vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba, a officiellement mis en service le nouveau système de balisage lumineux de l’aéroport de Mbandaka. Cet événement, intervenu au terme d’une attente de près de vingt ans, ouvre la voie à une exploitation aéroportuaire 24 heures sur 24, une révolution pour la mobilité et la sécurité dans cette région du nord-ouest de la République Démocratique du Congo.
Quelles sont les implications concrètes de cette modernisation tant attendue ? Au-delà du simple allumage des phares, c’est toute une économie régionale qui se voit reconnectée aux flux nationaux et internationaux. La cérémonie d’inauguration, placée sous le signe de la solennité et de l’espoir, a réuni un parterre d’autorités de premier plan, notamment le gouverneur de la province de l’Équateur, Bobo Boloko Bolumbu, et le directeur général ad intérim de la Régie des voies aériennes (RVA), Louis‑Blaise Londole. Leur présence conjointe souligne l’importance stratégique de cette infrastructure pour le désenclavement et le développement socio-économique d’une zone riche en potentialités mais longtemps freinée par des déficits logistiques majeurs.
Le constat était sans appel : depuis le début des années 2000, l’aéroport de Mbandaka était virtuellement paralysé après le coucher du soleil. L’absence de balisage lumineux conforme aux normes internationales contraignait les compagnies aériennes à interrompre leurs opérations en fin de journée, créant un goulot d’étranglement pour le transport de passagers et, surtout, de marchandises. Cette situation avait un double coût : un coût économique direct, lié à la réduction drastique de la capacité de fret et au report sur des modes de transport terrestre plus lents et souvent périlleux sur des routes en mauvais état ; et un coût humain indirect, limitant l’accès aux évacuations sanitaires urgentes la nuit et entravant la circulation des personnes.
« Avec ces installations, il sera désormais possible pour nos compagnies aériennes d’opérer en toute sécurité des vols de nuit ou en cas de visibilité réduite, opportunité qui n’avait plus été donnée à ces dernières depuis plus d’une vingtaine d’années », a déclaré avec une satisfaction palpable Louis-Blaise Londole, le DG ai de la RVA. Cette déclaration résume l’enjeu fondamental : la sécurité aérienne Congo. Le balisage lumineux n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour guider les appareils lors des approches, des atterrissages et des décollages dans des conditions météorologiques dégradées. Son rétablissement réduit considérablement le risque d’accidents et place Mbandaka sur la carte des aéroports régionaux aux standards opérationnels acceptables.
L’impact économique de cette réhabilitation est immédiat et multidimensionnel. Pour les entreprises minières, agricoles et de commerce de la province, la possibilité d’expédier des produits par avion la nuit signifie une optimisation des chaînes logistiques et une réduction des délais de livraison. Cela améliore la compétitivité des exportations, notamment des produits périssables comme le poisson ou certains fruits. Pour le tourisme, encore embryonnaire, la flexibilité des horaires de vol est un argument supplémentaire pour attirer des visiteurs. Plus globalement, cette modernisation contribue à l’intégration économique de l’Équateur au reste du pays, un élément clé pour une croissance nationale plus inclusive et résiliente.
Le timing de cette inauguration n’est pas anodin. Elle coïncide avec le 54ᵉ anniversaire de la RVA, offrant un symbole fort de renouveau pour cette institution publique chargée de la gestion des aéroports. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de remise à niveau des infrastructures de transport pilotée par le ministre Jean-Pierre Bemba. Ce dernier a d’ailleurs annoncé la poursuite de son périple à Gemena, dans le Sud-Ubangi, pour inspecter les travaux de réhabilitation et de modernisation de l’aéroport local. Cette séquence illustre une volonté politique affirmée de rompre avec le sous-investissement chronique qui a affecté le secteur aérien congolais pendant des décennies.
À l’heure où la RDC cherche à diversifier les moteurs de son économie au-delà du secteur minier, le développement d’infrastructures de transport efficaces et sûres est un impératif catégorique. L’aéroport de Mbandaka, désormais capable d’accueillir des vols nocturnes RDC, devient un maillon renforcé du réseau national. Cette avancée devrait également stimuler la concurrence entre les compagnies aériennes, potentiellement conduisant à une baisse des tarifs et une amélioration de la qualité de service pour les usagers.
En définitive, la remise en service du balisage lumineux à Mbandaka est bien plus qu’un acte technique. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs et aux populations sur la priorité accordée à la modernisation des infrastructures. Si les défis restent immenses – entretien régulier, formation du personnel, mise à niveau des autres équipements –, cette étape démontre qu’une action publique ciblée peut avoir des retombées rapides et tangibles. L’aéroport Mbandaka renaît ainsi, tel un phare dans la nuit, éclairant la voie vers un développement plus prospère et connecté pour toute la province de l’Équateur. Le pari de Jean-Pierre Bemba et de la RVA est désormais de répliquer ce succès à l’échelle nationale, pour faire du transport aérien un véritable levier de souveraineté et de croissance économique.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
