Une journée de terreur a secoué ce jeudi la localité de Kavumu et ses environs, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu. Les habitants ont vécu au rythme angoissant des échanges de tirs entre les éléments de l’AFC/M23 et les groupes d’autodéfense Wazalendo, plongeant toute la région dans une psychose profonde. La circulation sur l’axe vital Bukavu-Kavumu a été paralysée, tandis que les populations se sont terrées chez elles, incapables de vaquer à leurs occupations quotidiennes.
Selon plusieurs sources locales jointes par Congo Quotidien, les premiers affrontements ont éclaté dans la matinée, créant un premier choc. Une accalmie précaire s’était installée en milieu de journée, laissant espérer un répit. Cet espoir a été de courte durée. Vers 18h30, les déflagrations ont repris avec une intensité inquiétante, transformant la soirée en un cauchemar sonore pour des milliers de familles.
Les origines immédiates de cette flambée de violence semblent liées à un incident médical. Un élément Wazalendo aurait été évacué d’une structure de santé dans la zone. Quelques heures seulement après cet événement, les premières rafales d’armes automatiques ont retenti, marquant le début des hostilités. « De Katana à Kavumu, on entendait des crépitements de balles sans interruption. C’était comme si la guerre était à notre porte », confie un habitant de l’axe, encore sous le choc.
La situation sécuritaire s’est rapidement dégradée, avec un renforcement notable des positions des belligérants. Vers 18h40, des sources locales ont observé un déploiement accru de combattants Wazalendo au niveau du centre commercial de Kavumu, signe d’une préparation à une escalade. Cette militarisation de l’espace public a contribué à alimenter la peur parmi les civils, déjà traumatisés par des mois d’instabilité chronique dans la province du Sud-Kivu.
Les conséquences sur la vie quotidienne ont été immédiates et brutales. Le trafic sur la route nationale a été totalement interrompu, isolant des communautés et coupant l’approvisionnement. « Sur le tronçon Katana–Kavumu, des belligérants installaient des armes lourdes en position de combat, ce qui a contraint tout le monde à rester confiné. Personne n’osait sortir, même pour chercher de l’eau ou de la nourriture », rapporte un acteur de la société civile locale, décrivant une situation de siège.
Cette recrudescence des combats dans le territoire de Kabare pose de sérieuses questions sur l’efficacité des mécanismes de pacification dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Malgré les multiples initiatives et la présence de forces régulières, les groupes armés continuent de s’affronter, utilisant les zones habitées comme champs de bataille. Qui paie le prix fort ? Toujours les mêmes : les populations civiles, prises en étau entre des factions qui semblent indifférentes à leur sort.
Les affrontements entre l’AFC M23 et les Wazalendo à Kavumu illustrent la complexité du conflit au Sud-Kivu, où les lignes de front sont mouvantes et les alliances fluctuantes. La psychose qui s’est emparée des habitants n’est pas un état passager, mais le symptôme d’une insécurité endémique qui mine le développement de toute la région. Combien de fois encore devront-ils vivre ces scènes de guerre avant que la sécurité ne soit durablement rétablie ?
À l’heure où nous mettons sous presse, la tension restait palpable à Kavumu et dans les environs de Kabare. Les échanges de tirs ont cessé, mais la peur, elle, persiste. Les habitants redoutent une reprise des combats à tout moment, dans un cycle de violence qui semble sans fin. Les autorités provinciales et les commandements militaires n’ont pas encore fait de déclaration officielle sur cet épisode, laissant un vide informationnel qui nourrit les rumeurs et l’angoisse. Le bilan humain de ces affrontements reste, pour l’instant, inconnu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
