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Kibali Gold Mine : l’ARSP ordonne l’annulation de contrats irréguliers, un coup de semonce pour la sous-traitance en RDC

L’actualité économique de la République Démocratique du Congo est marquée ce vendredi 20 février par une décision qui pourrait redéfinir les règles du jeu dans le secteur minier. L’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance (ARSP) a ordonné à la Kibali Gold Mine, l’un des plus importants producteurs aurifères du pays, l’annulation immédiate de plusieurs contrats jugés irréguliers. Cette mesure, fruit d’audits rigoureux, vise à restituer aux entreprises à capitaux congolais des marchés indûment captés par des firmes étrangères via des systèmes de prête-noms, notamment avec les sociétés KMS et Boart Longyear.

Comment cette décision s’inscrit-elle dans la nouvelle politique économique du pays ? Elle intervient dans un contexte où les autorités congolaises, sous l’impulsion du Chef de l’État, souhaitent activement « déverrouiller » l’accès des nationaux à la commande privée. Le secteur minier, longtemps qualifié de « scandale géologique » dont les richesses profitaient majoritairement à des intérêts extérieurs, est au cœur de cette transformation. L’ARSP, en imposant le strict respect de la loi sur la sous-traitance, devient l’instrument clé de cette réorientation. Son action ne se limite pas à une simple annulation ; elle envoie un signal fort aux investisseurs et aux opérateurs économiques : le temps de la naïveté est terminé pour la RDC.

Sur le plan économique, les implications sont multiples et profondes. Premièrement, cette mesure vise directement à corriger les distorsions de marché qui ont longtemps marginalisé les entrepreneurs congolais. En garantissant que les marchés de sous-traitance bénéficient réellement aux acteurs locaux, l’État espère stimuler l’émergence d’une classe moyenne nationale solide et d’un tissu industriel endogène. La Kibali Gold Mine, en tant que moteur économique régional, a un rôle pivot à jouer dans cette dynamique. Les contrats irréguliers annulés représentaient des flux financiers substantiels détournés de l’économie locale. Leur redirection vers des entreprises congolaises légitimes devrait générer un effet multiplicateur en termes d’emplois, de formation et de développement de compétences techniques.

Parallèlement, cette rigueur administrative ne se cantonne pas au seul secteur aurifère. Elle s’inscrit dans une vaste campagne de rationalisation et de moralisation de l’ensemble de l’économie extractive. La preuve en est la récente action du Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPP), qui a certifié un gain de 44,4 millions de dollars US en faveur du Trésor public, grâce à une surveillance accrue des structures de prix. Ces deux actions – dans les mines et le pétrole – dessinent les contours d’une nouvelle gouvernance économique, fondée sur la transparence et la défense des intérêts nationaux.

Cette volonté politique est également couronnée par des initiatives incitatives. Le ministre des Mines, Louis Watum, a ainsi remis le Prix du Leadership Minier Responsable 2025 à des institutions comme le CAMI, le CEEC et le FOMIN. Cette distinction symbolique récompense et encourage les acteurs qui luttent contre la corruption et promeuvent une gestion transparente des ressources minérales. Elle constitue l’autre face d’une même médaille : après la sanction des mauvaises pratiques vient la reconnaissance des bonnes.

À court terme, la décision concernant la Kibali Gold Mine pourrait entraîner des réajustements opérationnels et contractuels, potentiellement source de frictions. Cependant, à moyen et long terme, elle pose les bases d’un partenariat plus équilibré et plus durable entre les géants miniers et l’économie congolaise. En forçant le respect des clauses de sous-traitance locale, l’État transforme une manne financière potentiellement volatile en un levier structurel de développement. Le défi sera désormais d’accompagner les entrepreneurs congolais pour qu’ils soient en mesure de répondre aux exigences techniques et qualitatives de ces marchés, évitant ainsi un simple transfert de dépendance. La route vers une véritable appropriation nationale de la chaîne de valeur minière est encore longue, mais les premiers signaux réglementaires indiquent une inflexion déterminante.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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