Dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu à l’est de la République Démocratique du Congo, une information de poids a été confirmée par les plus hautes autorités. Lors du récent conseil des ministres, le ministre de la Défense nationale a annoncé un fait marquant : les Forces armées de la RDC (FARDC) ont fait échec aux attaques de la coalition rebelle et ont reconquis plusieurs localités stratégiques, dont Minembwe-centre. Cette avancée constitue-t-elle un tournant dans ce conflit qui ensanglante le Sud-Kivu depuis des mois ?
L’offensive, menée par ce qui est désigné par Kinshasa comme “la coalition RDF-M23-AFC”, a été repoussée par les troupes gouvernementales. L’annonce de la reconquête de Minembwe n’est pas un détail. Cette localité des hauts plateaux de Fizi était considérée comme un point névralgique des tensions. Sa reprise par les FARDC Sud-Kivu représente un succès opérationnel significatif et un revers pour les groupes armés qui y étaient installés.
Mais la bataille est loin d’être terminée. Le ministre a immédiatement tempéré cet optimisme en précisant que les opérations se poursuivaient activement. Les FARDC sont engagées dans la défense du territoire sur un vaste front, couvrant les moyens et hauts plateaux des territoires de Fizi, Uvira et Mwenga. La région reste un champ de bataille où chaque colline, chaque village fait l’objet d’âpres confrontations. L’armée congolaise tente de consolider ses positions face à un adversaire mobile et déterminé.
Ces succès sur le terrain ont un coût humain pour l’adversaire. Début février, les autorités militaires avaient déjà rendu public un premier bilan sévère. Dans le territoire de Fizi, les forces loyalistes ont infligé de lourdes pertes à la coalition rebelle. Plus de 30 combattants, associés au M23 et au RDF, ont été neutralisés. Plusieurs autres éléments, dont des membres des groupes alliés Twigwaneho et Ngumino, ont été capturés. Ces chiffres illustrent l’intensité des combats et la fermeté de la réponse apportée par les FARDC dans le cadre de cette offensive armée Fizi.
Cependant, derrière ces communiqués militaires se cache une réalité humanitaire dramatique. La situation sécuritaire, bien qu’améliorée par endroits, demeure globalement fragile et volatile. Les Hauts Plateaux sont toujours fortement militarisés, et le spectre des affrontements plane sur les populations civiles. Ces dernières payent le prix fort de cette guerre par procuration, subissant violences, exactions et déplacements forcés. La vie normale est un lointain souvenir pour des centaines de milliers de personnes.
Les chiffres donnent le vertige. Selon des sources humanitaires sur le terrain, l’escalade des violences armées observée depuis décembre 2025 a précipité une crise de déplacement massif. Plus de 500 000 personnes auraient été contraintes de fuir leurs foyers pour échapper aux combats. Cette marée humaine affecte principalement les zones d’Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe. Ces déplacés Sud-Kivu 2025 errent dans la région, cherchant un abri précaire, souvent sans accès à la nourriture, aux soins ou à l’eau potable. Leurs récits témoignent d’une souffrance quotidienne et d’un avenir incertain.
Alors, que signifient vraiment la reconquête de Minembwe et les pertes infligées à l’ennemi ? S’agit-il des prémices d’une stabilisation durable ou simplement d’un répit temporaire dans un cycle de violence sans fin ? La réponse militaire, aussi nécessaire soit-elle, ne peut être la seule solution. La sécurisation des zones reprises doit impérativement s’accompagner d’un retour à l’État de droit et d’une aide humanitaire massive pour les populations piégées par le conflit.
La priorité absolue reste la protection des civils. Les déplacements massifs créent des foyers de tension supplémentaires et alimentent le ressentiment. La communauté humanitaire appelle à un accès sans entrave pour pouvoir secourir les plus vulnérables. Parallèlement, la poursuite des opérations militaires dans les hauteurs de Fizi et d’Uvira laisse présager que la phase la plus critique du conflit M23 RDC n’est peut-être pas encore derrière nous. La détermination des FARDC Sud-Kivu sera-t-elle suffisante pour rétablir définitivement l’autorité de l’État sur l’ensemble de ce territoire meurtri ? L’avenir immédiat des provinces de l’Est se joue actuellement sur ces collines escarpées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
