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Tensions Burundi-Rwanda : Ndayishimiye réclame à Kigali les chefs du Red Tabara

Dans un contexte de tensions persistantes entre Bujumbura et Kigali, le président burundais Évariste Ndayishimiye a lancé un appel public au Rwanda lors de la cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique, jeudi 14 janvier 2026. Le chef de l’État a explicitement demandé à son voisin de lui remettre les responsables du groupe rebelle Red Tabara, qu’il accuse d’être hébergés et soutenus par Kigali depuis 2015. Cette déclaration solennelle, tout en tendant la main, cristallise les profonds désaccords qui minent la stabilité de la région des Grands Lacs.

« Notre bras reste tendu vers le Rwanda, dans l’espoir que ce pays remette les responsables du groupe criminel qu’il héberge », a déclaré le président Ndayishimiye, condamnant par la même occasion tout usage de la violence comme moyen de revendication. Il a toutefois tenu à préciser que cette demande ferme ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques, réaffirmant son attachement à la politique de bon voisinage et au dialogue. « Nous n’avons pas rompu les relations, nous sommes restés ouverts au dialogue », a-t-il insisté, invitant Kigali à formuler clairement ses éventuels griefs pour une résolution pacifique.

Cette sortie intervient alors que les tensions entre le Burundi et le Rwanda connaissent une nouvelle phase aiguë. Le contentieux historique trouve sa source dans les accusations répétées de Bujumbura selon lesquelles Kigali apporterait un soutien logistique et politique au Red Tabara, un mouvement rebelle responsable de plusieurs attaques meurtrières sur le sol burundais. Ces accusations ont déjà conduit à la fermeture de la frontière commune en 2015, puis à une suspension des relations en 2024. Une brève embellie était intervenue après l’accession au pouvoir de Ndayishimiye en 2020, mais la détente a été de courte durée.

La géopolitique régionale complexe a en effet attisé les braises. Le Burundi, allié de Kinshasa dans le conflit qui ravage l’est de la République Démocratique du Congo, a déployé des troupes pour combattre la rébellion du M23, un groupe dont les rapports d’experts des Nations Unies documentent le soutien rwandais. Pour Bujumbura, le schéma est identique : Kigali utiliserait des proxies armés pour déstabiliser ses voisins et étendre son influence. Cette perception alimente un cycle de méfiance réciproque aux conséquences directes sur la sécurité de millions de civils.

De son côté, le Rwanda a toujours catégoriquement rejeté ces allégations, les qualifiant d’infondées et motivées par des rivalités politiques et économiques régionales. Les analystes évoquent souvent la concurrence pour le contrôle des ressources naturelles et les héritages des conflits passés comme arrière-plan structurel de ces frictions. Le refus de Kigali d’extrader les membres du Red Tabara, qu’il considère comme des réfugiés politiques, est perçu à Bujumbura comme la preuve de sa mauvaise foi.

La situation actuelle pose une série de questions cruciales. La main tendue de Ndayishimiye est-elle une offre sincère de dialogue ou une manœuvre diplomatique pour mettre le Rwanda devant ses responsabilités devant la communauté internationale ? Dans un contexte où la violence des groupes armés ne cesse de croître dans l’est de la RDC, une escalade des tensions entre le Burundi et le Rwanda pourrait-elle embraser toute la région ? La réponse de Kigali, attendue avec attention, sera un indicateur décisif.

Pour l’instant, la balle est dans le camp rwandais. La demande burundaise est claire et publique. Son rejet ou son ignorance risquerait de creuser un peu plus le fossé entre les deux nations et d’entériner la division de la région en blocs antagonistes. À l’inverse, un geste d’apaisement, même minime, pourrait rouvrir une porte aujourd’hui grandement fermée. L’enjeu dépasse la seule relation bilatérale ; il concerne la stabilité de toute la région des Grands Lacs, déjà fragilisée par des décennies de conflits. La communauté internationale, souvent silencieuse sur ce différend, suivra les prochains développements avec la plus grande attention, consciente que la paix régionale est un équilibre précaire.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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