Le sélectionneur national des Léopards de la RDC, Sébastien Desabre, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse préliminaire au choc contre le Togo. Le technicien français, visiblement préoccupé par l’état du football congolais, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les lacunes structurelles qui entravent le développement du sport roi en République Démocratique du Congo.
Face aux journalistes, l’entraîneur principal a dressé un constat sans appel : « Cela fait trois ans que je suis ici, et c’est déjà le troisième comité du CONOR ». Une révélation qui en dit long sur l’instabilité chronique qui mine le football national. Mais jusqu’où cette désorganisation peut-elle impacter les performances des Léopards ?
Le mentor des Léopards RDC a insisté sur l’impérieuse nécessité d’établir une stratégie claire et pérenne. « Pour atteindre le haut niveau, il faut de la stabilité et une vraie stratégie », a-t-il martelé, soulignant au passage le fossé qui sépare le championnat local des élites continentales comme l’Égypte ou le Maroc. Une comparaison qui devrait faire réfléchir tous les acteurs du football congolais.
Le sélectionneur a également abordé la question épineuse des joueurs locaux, souvent laissés pour compte dans les sélections nationales. « Les joueurs doivent s’entraîner dans de bonnes conditions. On verra émerger encore plus de talents comme Mayele ou Inonga », a-t-il assuré, rappelant que la qualité existe bel et bien sur le sol congolais. Cette prise de position forte pourrait marquer un tournant dans la politique de sélection des Léopards.
La sortie médiatique de Sébastien Desabre intervient à un moment crucial, alors que les Léopards s’apprêtent à affronter le Togo dans le cadre des éliminatoires du Mondial 2026. Le timing n’est certainement pas anodin : le technicien profite de l’attention médiatique pour envoyer un message fort aux instances dirigeantes.
Le constat est sévère mais nécessaire. Le football congolais dispose d’un réservoir de talents exceptionnel, mais souffre cruellement d’organisation et de vision à long terme. Comment expliquer qu’un pays aussi passionné de football n’ait pas encore réussi à se doter d’une structure solide ? La question mérite d’être posée.
La référence aux championnats égyptien et marocain n’est pas innocente. Ces deux nations ont su construire des ligues professionnelles compétitives qui servent de tremplin à leurs sélections nationales. Le chemin est encore long pour le football congolais, mais la feuille de route semble désormais tracée par son sélectionneur.
Reste à savoir si cette prise de parole aura l’effet escompté. Les différents comités du CONOR sauront-ils entendre le message et travailler main dans la main avec Sébastien Desabre pour redresser la barre ? L’avenir du football congolais en dépend largement.
Une chose est certaine : le technicien français ne compte pas baisser les bras. Son engagement pour le développement du football local et sa vision à long terme pour les Léopards RDC pourraient bien marquer le début d’une nouvelle ère. À condition, bien sûr, que les conditions structurelles suivent.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Eventsrdc
