L’effondrement du pont Bundwe, ouvrage stratégique de 157 mètres sur la route nationale N°1, plonge le Haut-Lomami dans une crise logistique aux conséquences économiques immédiates. Cet incident, survenu entre Kabondo Dianda et Bukama, paralyse les échanges commerciaux vitaux entre cette province agricole et les régions minières du Lualaba et du Haut-Katanga.
Comment une infrastructure aussi cruciale peut-elle céder pour la deuxième fois en cinq ans, après un premier effondrement survenu en 2019 ? La question hante les spécialistes du développement infrastructurel en République Démocratique du Congo. Le gouverneur du Haut-Lomami, Marmont Banza Mulume, tire la sonnette d’alarme devant l’urgence de la situation.
Lors d’une rencontre cruciale dimanche dernier avec le ministre national des Infrastructures, John Banza Lunda, la délégation du Haut-Lomami a exposé l’ampleur du désastre. « L’objectif était de poser les problèmes des ponts, plus précisément le pont Bundwe qui a cédé sur la RN1 », a expliqué le gouverneur, soulignant le caractère critique de cette artère économique.
Au-delà du seul pont Bundwe, c’est tout un réseau infrastructurel qui montre des signes de faiblesse alarmants. Les ponts Lovoyi, Lomami et Lwembe présentent également des fragilités structurelles qui inquiètent les autorités provinciales. Cette situation révèle une problématique plus large de maintenance et de modernisation des infrastructures routières en RDC.
Le ministre Banza Lunda a promis une intervention urgente du gouvernement central. « Il a été très favorable et a promis des solutions dans quelques jours », s’est réjoui le gouverneur Mulume. Cette réactivité gouvernementale témoigne de la prise de conscience des enjeux économiques sous-jacents.
Les conséquences économiques de cet effondrement sont déjà palpables. Le Haut-Lomami, province à vocation agricole, voit ses circuits commerciaux gravement perturbés. Les produits agricoles ne peuvent plus atteindre les marchés des provinces minières voisines, créant une rupture dans la chaîne d’approvisionnement régionale.
Cet incident rappelle tragiquement l’effondrement similaire de 2019 et celui du pont Katongola, soulignant la récurrence inquiétante de ces catastrophes infrastructurelles. La question de l’enclavement de cette province riche en potentialités agricoles se pose avec une acuité renouvelée.
Quelles solutions durables le gouvernement central envisage-t-il pour mettre fin à cette vulnérabilité chronique des infrastructures de transport ? La réponse à cette question déterminera l’avenir économique du corridor commercial reliant le Haut-Lomami au reste du pays.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
