Après l’Université de Lubumbashi, c’est au tour de l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de la capitale du Haut-Katanga de bénéficier d’une donation significative. Jeudi, 500 bancs-pupitres neufs, œuvres d’anciens délinquants réinsérés, ont été officiellement remis aux autorités académiques. Une initiative concrète du Service national RDC qui interroge : et si la réinsertion sociale passait aussi par le soutien à l’éducation ?
Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, a personnellement supervisé cette livraison à l’ISP Lubumbashi. « C’est un sentiment de joie », a déclaré le responsable de l’établissement, soulignant l’impact de ce mobilier scolaire pour les étudiants. Cette donation de bancs-pupitres, promise dès octobre 2024, répond à un besoin criant en infrastructures éducatives dans la région. Mais au-delà de l’équipement, que révèle-t-elle des transformations en cours ?
Le général Kasongo Kabwik a profité de l’occasion pour défendre le programme de réinsertion mené depuis Kaniama-Kasese, site central du Service national. Face aux accusations passées de mauvais traitements, il oppose une réalité tangible : « Ils étaient amenés comme des bandits, désœuvrés, kuluna. Aujourd’hui, ils sont des citoyens consciencieux ». La fabrication de ce mobilier scolaire s’inscrit dans une démarche plus large incluant la construction d’écoles et des activités agricoles. Une réinsertion des délinquants par la valorisation du travail manuel, visiblement saluée par les étudiants bénéficiaires.
Cette action soulève des questions fondamentales sur l’éducation au Haut-Katanga. Comment pérenniser de tels partenariats entre institutions militaires et établissements scolaires ? La transformation de jeunes marginalisés en artisans contribuant à l’équipement des écoles représente-t-elle un modèle reproductible ? Les bancs-pupitres remis à l’ISP Lubumbashi ne sont pas que du bois assemblé ; ils symbolisent une double renaissance : celle des hommes qui les ont façonnés et celle des espoirs placés dans l’enseignement supérieur congolais.
Alors que la province du Haut-Katanga continue de relever les défis éducatifs, cette initiative du Service national RDC ouvre des perspectives innovantes. Elle démontre que la réinsertion des délinquants peut directement soutenir le secteur éducatif, créant un cercle vertueux entre rédemption sociale et développement académique. Reste à voir si ce projet inspirera d’autres régions de la RDC, où besoins scolaires et enjeux de réinsertion convergent cruellement.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
