La plateforme politique Lamuka, fer de lance de l’opposition congolaise, a vivement critiqué ce vendredi 4 avril les termes de l’accord minier en cours de négociation entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis. Dans une déclaration incendiaire, son porte-parole Prince Epenge a fustigé ce qu’il qualifie de “braderie” des ressources stratégiques du pays, révélant ainsi les profondes fractures politiques autour de la gestion des richesses minières de la RDC.
“Nous prônons une coopération économique gagnant-gagnant”, a martelé le représentant de Lamuka, avant d’ajouter avec une ironie mordante : “Malheureusement, l’accord que Félix Tshisekedi propose à la superpuissance américaine n’est ni plus ni moins qu’un bradage des ressources de notre pays”. Une charge violente qui met en lumière les tensions croissantes autour des actualités économiques RDC, particulièrement sensibles dans un contexte de course mondiale aux minerais stratégiques.
L’opposition congolaise pointe du doigt une contradiction majeure dans la politique RDC actuelle : comment justifier un tel accord alors que le gouvernement n’a pas su, selon ses détracteurs, mettre en place une véritable politique de défense nationale ? “Échanger les ressources minières contre la sécurité est une grave erreur”, tonne Prince Epenge, avant de lancer une pique assassine : “Le régime de Félix Tshisekedi, qui n’a fait que danser et chanter pendant cinq ans sans concevoir une politique publique de défense…”
Cette sortie médiatique intervient alors que les actualités internationales RDC sont marquées par la visite de Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique du Président américain Donald Trump. Les enjeux sont de taille : la RDC dispose d’importantes réserves de cobalt, cuivre et autres minerais critiques pour les technologies vertes, faisant du pays un acteur clé dans la géopolitique des matières premières.
Mais au-delà des considérations économiques, c’est toute la souveraineté nationale qui semble mise en balance. Le porte-parole de Lamuka ne mâche pas ses mots : “le peuple congolais n’en veut pas”. Une formule choc qui résume le malaise grandissant face à des négociations perçues comme opaques par une partie de la classe politique.
Cette polémique soulève des questions fondamentales sur la gouvernance des ressources naturelles en RDC. Faut-il privilégier les partenariats stratégiques avec les grandes puissances au risque de perdre le contrôle de ses richesses ? Ou au contraire, comme le suggère l’opposition, développer une politique industrielle nationale capable de transformer sur place ces minerais ? Le débat, on le voit, dépasse largement le cadre strictement économique pour toucher à l’identité même du projet national congolais.
Alors que les négociations se poursuivent dans les coulisses du pouvoir, une chose est certaine : la question minière restera au cœur des analyses politiques RDC dans les mois à venir. Entre souveraineté nationale et réalpolitik économique, le président Tshisekedi devra manœuvrer avec prudence s’il veut éviter que ce dossier explosif ne fragilise davantage sa position déjà contestée.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
