La plateforme politique Lamuka, fer de lance de l’opposition congolaise, a vivement critiqué ce vendredi 4 avril les contours de l’accord minier en gestation entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis. Dans une déclaration incendiaire, le porte-parole Prince Epenge a fustigé ce qu’il qualifie de “braderie” des ressources stratégiques du pays au profit d’une coopération déséquilibrée.
Cette sortie musclée intervient au lendemain des discussions entre le président Félix Tshisekedi et Massad Boulos, conseiller africaniste de Donald Trump. Le cœur du désaccord ? La nature prétendument inéquitable d’un partenariat où les minerais congolais – cobalt, cuivre et coltan – serviraient de monnaie d’échange contre une protection militaire américaine. “Les minéraux stratégiques de notre pays sont épuisables” a martelé Epenge, soulignant l’urgence d’une “coopération économique gagnant-gagnant”.
L’opposition dénonce ici une faillite stratégique du pouvoir en place. Selon Lamuka, l’exécutif congolais, après cinq années d’immobilisme en matière de défense nationale, chercherait désormais à compenser ses carences par un alignement hasardeux sur Washington. “Échanger les ressources minières contre la sécurité est une grave erreur” tonne le porte-parole, dans une charge violente contre l’incapacité présumée du régime à concevoir une politique publique de défense crédible.
Ce bras de fer révèle les tensions souterraines qui traversent la politique RDC en matière de gestion des ressources naturelles. Alors que Kinshasa mise sur le partenariat américain pour sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques, l’opposition y voit une capitulation face aux puissances étrangères. La question minière, toujours au centre des actualités économiques RDC, cristallise ainsi les clivages entre une vision souverainiste et une approche plus pragmatique des relations internationales.
En filigrane, c’est toute la stratégie africaine des États-Unis qui se joue dans ce dossier. Washington, engagé dans une course mondiale aux minerais stratégiques, trouverait-il en RDC un partenaire trop accommodant ? Les propos cinglants de Lamuka suggèrent en tout cas que la route vers un accord consensuel sera semée d’embûches. Entre actualités politiques RDC et enjeux géostratégiques globaux, le dossier minier congolais n’a pas fini de faire parler de lui.
Reste à savoir comment le pouvoir congolais répondra à ces accusations. Le chef de l’État parviendra-t-il à convaincre de la pertinence de son approche, ou devra-il revoir sa copie face aux critiques grandissantes ? La balle est désormais dans le camp de la diplomatie congolaise, sommée de trouver le point d’équilibre entre souveraineté nationale et réalpolitik.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
