La République Démocratique du Congo (RDC) traverse une crise alimentaire sans précédent, avec des chiffres qui donnent le vertige. Selon le dernier rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), pas moins de 28 millions de Congolais, soit un quart de la population totale, sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Une situation qui ne cesse de s’aggraver, notamment dans les provinces de l’Est du pays.
Quelles sont les raisons de cette catastrophe humanitaire ? Les conflits armés récurrents dans les régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constituent le principal facteur. Mais ils ne sont pas seuls en cause. Les déplacements massifs de population, la flambée des prix des denrées alimentaires et les épidémies à répétition viennent compléter ce tableau alarmant. Comment en sommes-nous arrivés là ?
Le rapport IPC révèle des données particulièrement préoccupantes : « 2,5 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans l’insécurité alimentaire aiguë ces derniers mois, portant le total à 28 millions – le chiffre le plus élevé jamais enregistré en RDC ». Parmi elles, 3,9 millions se trouvent dans la phase 4 de l’IPC, ce qui signifie qu’elles sont en situation d’urgence alimentaire absolue.
Les personnes déplacées internes paient le plus lourd tribut. Leur vulnérabilité s’est accrue de manière dramatique, avec un taux d’insécurité alimentaire passant de 55% à 61%. Dans les zones de conflit de l’Est, la situation est catastrophique : familles déracinées, bétail perdu, moyens de subsistance anéantis. Résultat : 10,3 millions de personnes en phase 3 ou plus de l’IPC, dont 2,3 millions en phase 4.
La crise alimentaire s’accompagne d’une détérioration majeure de la situation sanitaire. Les conflits et les déplacements favorisent la propagation de maladies comme le choléra, avec 12.600 cas recensés entre janvier et mars 2025, ou encore la MPOX (15.200 cas confirmés la même année). Les structures de santé, déjà fragiles, peinent à faire face.
Face à cette urgence, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) lance un cri d’alarme : 399 millions de dollars sont nécessaires pour maintenir ses opérations jusqu’en août 2025. Un défi colossal, alors que les obstacles se multiplient : fermeture des aéroports de Goma et Kavumu, pillages d’entrepôts, problèmes bancaires, restrictions aux importations alimentaires…
Cette crise multidimensionnelle interpelle la communauté internationale comme les autorités congolaises. Alors que les besoins humanitaires atteignent des sommets en RDC, quelles solutions concrètes peuvent être mises en œuvre pour inverser la tendance ? La question reste ouverte, tandis que des millions de Congolais luttent chaque jour pour leur simple survie.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
