Dans une prise de position ferme, quatre députés de La France Insoumise (LFI) – Nouvelle Union Populaire écologique et sociale (NUPES) ont vivement critiqué le partenariat entre le Paris Saint-Germain (PSG) et “Visit Rwanda”. Carlos Martens Bilongo, président du groupe d’Amitié France – RD Congo à l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, Aurélien Taché et Thomas Portes ont publié un communiqué dénonçant cet accord, qualifié de “promotion indécente” d’un État accusé de soutenir des groupes armés en République démocratique du Congo (RDC).
Les élus demandent “l’arrêt immédiat” de ce partenariat qui rapporte environ 15 millions d’euros annuels au club parisien et dont l’échéance est prévue fin 2025. Ils appellent également à un rassemblement dimanche 6 avril devant le Parc des Princes, initié par les créateurs d’une pétition ayant recueilli près de 74 000 signatures. Une mobilisation qui interroge : jusqu’où peut aller l’utilisation du sport comme outil de diplomatie parallèle ?
Le communiqué des parlementaires fustige une stratégie de communication du Rwanda qui “utilise le sport comme outil diplomatique” tandis que, selon eux, ce même gouvernement soutiendrait le groupe armé M23 responsable de “massacres de masse, pillages et viols” dans l’Est congolais. “Le PSG ne peut maintenir ce partenariat alors que des millions de déplacés fuient les violences”, assènent-ils, dans une charge qui résonne comme un coup de semonce dans le monde feutré des sponsors sportifs.
Cette offensive politique française fait écho aux appels répétés des autorités congolaises. Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de RDC, avait déjà exhorté plusieurs clubs européens, dont Arsenal et le Bayern Munich, à cesser leur collaboration avec “Visit Rwanda”. Un dossier qui dépasse désormais le cadre sportif pour devenir un enjeu géopolitique, alors que les tensions entre Kigali et Kinshasa atteignent un niveau critique.
Le timing de cette sortie n’est pas anodin : elle intervient alors que la communauté internationale multiplie les pressions sur le Rwanda, accusé par un récent rapport d’experts de l’ONU de soutenir militairement le M23. Les députés LFI jouent ici une carte risquée, mais qui pourrait trouver un écho auprès d’une opinion publique française de plus en plus sensibilisée aux crises africaines. Reste à savoir si leur voix portera jusqu’aux dirigeants du PSG, pour qui les considérations géopolitiques pèsent-elles aussi lourd que les impératifs financiers ?
Alors que le football se veut souvent apolitique, ce dossier prouve une nouvelle fois que le ballon rond n’échappe pas aux réalités géostratégiques. Un match à suivre, sur et en dehors du terrain, alors que la crise dans l’Est congolais continue de faire des victimes quotidiennement.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
