AccueilActualitéSantéRDC : refus d’isolement et menaces entravent la riposte Ebola

RDC : refus d’isolement et menaces entravent la riposte Ebola

La riposte contre Ebola en République démocratique du Congo se heurte à des obstacles persistants qui ralentissent la détection des cas et la protection des communautés. Entre le 30 août et le 4 septembre, les rapports sanitaires consultés font état de refus d’isolement, de prélèvements post-mortem empêchés et de menaces contre des structures de soins dans plusieurs provinces touchées par l’épidémie.

Ces résistances communautaires ne sont pas un phénomène nouveau, mais elles affectent directement l’efficacité des mesures de contrôle. En Ituri, principal foyer de l’épidémie, les équipes sanitaires ont signalé entre 17 et 21 refus d’isolement selon les journées. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Tchomia, Lolwa, Bambu, Fataki et Mandima sont citées dans les documents. Ces chiffres ne peuvent pas être additionnés, car un même refus peut être repris dans plusieurs rapports successifs. Ils indiquent néanmoins une difficulté récurrente à convaincre certaines familles d’accepter la séparation des malades.

Des dépouilles non testées compliquent le suivi des contacts

La gestion des personnes décédées est également entravée. En Ituri, des corps n’ont pas pu faire l’objet d’un prélèvement en raison de l’opposition des proches. Le 1er septembre, 42 corps non prélevés ont été recensés. Ce nombre est ensuite tombé à onze le 2 septembre, puis à neuf et sept les jours suivants. Là encore, il est difficile de savoir s’il s’agit de nouveaux cas ou de dossiers reportés. L’absence de test sur une dépouille laisse une incertitude sur la cause du décès et complique l’identification des personnes exposées au virus pendant la maladie ou les funérailles.

Dans le Haut-Uélé, un incident similaire a été rapporté le 30 août : un corps a été arraché au centre de traitement de Pawa avant d’être intercepté par la police, puis relâché à un point de contrôle sans prélèvement. Le même document indiquait que dix aires de santé sur 24 avaient été cartographiées comme zones de résistance dans cette province.

Au Nord-Kivu, des menaces directes contre les équipes et les structures

Au Nord-Kivu, les incidents prennent une dimension plus sécuritaire. Le 3 septembre, un ménage a refusé l’intervention d’une équipe de décontamination dans la zone de santé de Butembo, et une équipe sanitaire a été agressée à Kalunguta. Le lendemain, un malade confirmé s’est évadé dans la zone de santé de Katwa, tandis qu’un autre patient confirmé à Lubero a refusé de rejoindre un centre de transit. Le rapport du 4 septembre mentionne aussi une menace de la population de brûler le centre de traitement en construction à Katwa, ainsi que la résistance de certains responsables au respect des protocoles sanitaires aux points d’entrée et de contrôle.

Ces difficultés surviennent alors que le Nord-Kivu enregistre une progression soutenue des contaminations et que ses capacités de prise en charge sont déjà dépassées, selon les documents consultés.

Dans la Tshopo, la recherche des contacts bloquée par des refus et des adresses manquantes

Dans la Tshopo, les résistances touchent les investigations, les prélèvements, l’isolement et le transfert des patients. Au 4 septembre, l’opposition d’une partie de la communauté empêchait encore l’ouverture du « ring » autour du 20e cas confirmé. Ce dispositif sert à identifier et suivre les personnes ayant été en contact avec le malade, ainsi que leurs propres contacts. Les rings des 21e et 22e cas n’avaient pas non plus été ouverts, mais pour une autre raison : les équipes ne disposaient pas de leurs adresses. Il faut donc distinguer la résistance communautaire d’un problème d’identification ou de localisation.

Face à ces obstacles, les équipes de riposte mènent un important travail de communication : visites à domicile, dialogues communautaires, émissions de radio, sensibilisation des responsables scolaires, des tradipraticiens et des professionnels de santé. Au Nord-Kivu, huit « feedbacks et infodémies » ont été recensés le 4 septembre, dont cinq traités dans un délai de 48 heures. Dans la Tshopo, deux rumeurs ont été clarifiées et deux refus levés sur les trois identifiés. Les documents ne précisent toutefois ni le contenu exact de ces rumeurs ni leur origine, ce qui empêche d’affirmer qu’elles concernent spécifiquement le vaccin, l’existence de la maladie ou le fonctionnement des centres de traitement.

A lire aussi : Ebola au Nord-Kivu et en Ituri : la désinformation, un frein à la riposte ; Ebola au Nord-Kivu : 875 cas confirmés, la riposte se poursuit

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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